Le débat sur la participation des groupes rebelles au dialogue national annoncé par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo prend une tournure décisive. Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), vient de poser un jalon clair : exclure ces groupes peut se défendre, mais à une condition, celle de ne pas transformer le forum en simple rassemblement de l’Union sacrée de la nation.
Une exclusion assumée face aux agendas étrangers
Pour Jean-Claude Katende, la présence de rebelles congolais autour de la table des discussions pose un problème de souveraineté. Il estime qu’il serait difficile d’accepter des Congolais qui, selon ses mots, « portent l’agenda d’une puissance étrangère ». Cette position tranche avec l’insistance d’une partie de l’opposition, qui réclame l’intégration des groupes armés pour trouver une issue politique à la crise sécuritaire et politique. Le président de l’ASADHO ne ferme pas la porte à cette exclusion, mais il la conditionne à une exigence plus large : la crédibilité du processus.
La crédibilité avant la composition
Le défenseur des droits humains met en garde contre un dialogue qui ne serait qu’une façade. Selon lui, le dialogue ne pourra être bénéfique pour la République démocratique du Congo que s’il est « ouvert, transparent » et conduit par des personnalités indépendantes. Ces médiateurs devront résister aux manipulations des acteurs politiques, quel que soit leur bord. Jean-Claude Katende insiste sur le mode de désignation des participants : une sélection démocratique, capable de refléter l’ensemble des sensibilités nationales, et non une seule tendance politique.
Éviter un congrès de l’Union sacrée
Le risque est clairement identifié : transformer le dialogue national en une rencontre dominée par les composantes de l’Union sacrée de la nation, la coalition qui soutient le président Tshisekedi. « Il faut éviter de faire du dialogue un congrès de l’Union sacrée de la nation », insiste Jean-Claude Katende. Il prévient que le chef de l’État pourrait laisser une trace négative dans l’histoire s’il ne veille pas à garantir l’ouverture et l’indépendance du processus. Cette alerte résonne comme un appel à la responsabilité présidentielle.
Un équilibre à trouver pour la suite
L’intervention de Jean-Claude Katende apporte un éclairage nouveau au débat sur la composition du futur dialogue. Si l’exclusion des groupes rebelles peut être défendue au regard de leurs liens présumés avec des intérêts étrangers, la réussite du processus dépendrait surtout de son caractère inclusif, transparent et indépendant. La balle est désormais dans le camp des organisateurs, qui devront prouver que ce dialogue n’est pas un simple outil politique, mais un véritable espace de résolution de la crise congolaise.
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Article Ecrit par Miché Mikito
Source: mediacongo.net
