L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a rendu public, mardi 8 septembre 2026, un communiqué dans lequel il plaide pour un cadre neutre et indépendant afin de conduire le dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Cette prise de position intervient alors que les contours de ce processus restent encore flous, et que la crédibilité de l’initiative dépendra largement de l’architecture retenue. À Kinshasa, la question n’est plus seulement de savoir si le dialogue aura lieu, mais comment il sera organisé pour répondre aux attentes des citoyens.
Une commission indépendante pour garantir la neutralité
Pour l’ODEP, la conduite opérationnelle du dialogue ne saurait être laissée à des acteurs dont l’impartialité pourrait être mise en doute. L’organisation suggère ainsi de confier cette mission à une commission nationale indépendante, autonome et représentative, composée exclusivement d’experts congolais patriotes, de niveau international, compétents et expérimentés dans l’organisation d’ateliers, de colloques et de conférences de très haut niveau. Cette proposition vise à rassurer les parties prenantes et à renforcer la confiance dans le processus. L’enjeu est de taille : sans neutralité perçue, les conclusions du dialogue risquent d’être contestées avant même d’être formulées.
Le rôle du chef de l’État en question
L’ODEP établit une distinction claire entre le rôle institutionnel du président de la République et la conduite technique du dialogue. Selon l’organisation, le chef de l’État devrait rester le garant institutionnel de la République, tandis que la commission indépendante assurerait la gestion quotidienne des travaux. Cette séparation des fonctions est présentée comme une condition essentielle pour éviter tout soupçon de manipulation et garantir l’équité des échanges. Pour les citoyens, cette architecture pourrait signifier que les discussions ne seront pas simplement un instrument politique, mais un espace où les préoccupations réelles peuvent être entendues.
Des termes de référence à préciser rapidement
L’organisation appelle également le président Tshisekedi à inscrire cette démarche dans la durée et à éviter toute tergiversation. Pour l’ODEP, les prochaines étapes doivent permettre de définir clairement les contours du dialogue, notamment les participants, les critères de représentativité ainsi que l’agenda des discussions. Ces éléments devraient être précisés dans les termes de référence globaux du dialogue, afin de garantir un processus crédible, inclusif et consensuel. Sans ces précisions, le risque est de voir le processus s’enliser ou être perçu comme une simple consultation de façade.
L’ODEP recommande en outre que les orientations annoncées par le chef de l’État soient examinées par une Commission nationale préparatoire du dialogue. Cette instance aurait pour mission de vérifier leur conformité avec les objectifs d’un processus inclusif, équitable et consensuel. Une telle démarche, si elle est suivie, pourrait contribuer à apaiser les inquiétudes et à donner au dialogue national une assise plus solide. La crédibilité du processus dépendra donc de la capacité des autorités à accepter un cadre qui limite leur propre influence, au profit d’une dynamique plus collective.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
