La Police nationale congolaise (PNC) a fait de la coopération internationale et de la maîtrise des outils numériques un axe prioritaire de sa réponse à la criminalité. C’est ce qui ressort de la quatrième édition de la Journée internationale de la coopération policière, organisée lundi 7 septembre au chapiteau de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Le thème retenu, « Le numérique au cœur de la coopération policière », a permis aux responsables de la sécurité de détailler les défis posés par une délinquance de plus en plus connectée.
Le commissaire général de la PNC, Benjamin Alongaboni, a décrit une criminalité qui « ignore les frontières » et qui se transforme rapidement. Selon lui, elle se mondialise, se numérise et devient plus complexe. Face à cette évolution, il a plaidé pour une réponse « plus concrète, plus réactive et davantage fondée sur le partage de l’information et l’action collective ». Concrètement, la police congolaise entend renforcer ses capacités dans plusieurs domaines : l’analyse et le partage de l’information, les enquêtes numériques, la criminalistique et la maîtrise des nouvelles technologies.
Des outils numériques pour mieux coopérer
La cheffe de la composante police de la Mission des Nations unies en RDC, Mamouna Ouedrago, a souligné que le numérique offre des opportunités considérables pour améliorer le partage des informations, renforcer les capacités d’analyse et faciliter la coordination entre les services de sécurité. Dans un environnement où la technologie redéfinit les menaces – cybercriminalité, désinformation et réseaux criminels transnationaux notamment –, la coopération policière n’est plus seulement une option, mais une « nécessité stratégique ».
Une police au service de la population
Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, a rappelé les aspirations du président Félix Tshisekedi pour une police capable de protéger les populations et leurs biens. Il a insisté sur la nécessité pour la police de « prévenir les menaces, de lutter efficacement contre la criminalité sous toutes ses formes, de protéger les personnes et leurs biens, et de renforcer la confiance entre les services de sécurité et la population ».
Une coopération internationale indispensable
Le colonel Étienne Kalenda, responsable du Service de coopération policière internationale (SCPI) de la PNC, a présenté la coopération policière internationale comme « un outil stratégique indispensable pour renforcer les capacités des services de sécurité, améliorer le partage d’informations et développer des mécanismes communs de prévention et d’intervention ». Cette dimension est d’autant plus importante que les ramifications de la criminalité dépassent de plus en plus les frontières nationales.
La cérémonie s’est achevée par une démonstration dynamique conjointe entre la PNC, avec des éléments fraîchement sortis de l’École de police de Kasangulu dans le Kongo-Central, et l’UNIPOL. Les autorités ont également visité les stands de plusieurs directions et services de la PNC ainsi que ceux de partenaires internationaux de la RDC.
A lire aussi : RDC : Ebola, sécurité à l’Est et actualité de Kinshasa dominent la journée ; Benjamin Mbenga expose l’art-mémoire du Genocost à Kinshasa
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
