La préparation du dialogue national annoncé par le Président Félix Tshisekedi le 27 août 2026 suscite des propositions concrètes. Eugène Diomi Ndongala, acteur politique congolais, a présenté ce mardi 8 septembre une « Feuille de route technique et séquencée » pour organiser ce processus. Son objectif : éviter que les consultations ne soient confisquées par Kinshasa et garantir que la parole des territoires remonte jusqu’au sommet de l’État.
Une pyramide inversée pour partir de la base
Selon Eugène Diomi Ndongala, le dialogue ne doit pas partir de Kinshasa mais y aboutir. Il propose une architecture en cinq paliers : territoires et communes, forums provinciaux, synthèse nationale, assises de Kinshasa et suivi. Chaque niveau doit produire un document public, signé et contradictoire avant de passer au suivant. « Inverser l’ordre, nommer d’abord les délégués de Kinshasa, puis consulter les provinces, tue le format », explique-t-il.
Cette approche vise à empêcher que la capitale ne réécrive les conclusions de la base. Le processus doit reposer sur un cahier de diagnostic unique, utilisé dans toutes les provinces, avec cinq rubriques : sécurité et autorité de l’État, foncier et conflits de terre, services publics, économie réelle, cohésion et citoyenneté. Chaque rubrique doit recueillir des faits constatés, des causes identifiées et cinq propositions priorisées.
Des organes distincts pour éviter la confiscation
La feuille de route prévoit trois organes aux fonctions séparées : un comité d’organisation technique, une commission préparatoire politique et méthodologique, et le sceau présidentiel. Le comité d’organisation gère la logistique, la sécurité des sites et la conservation des procès-verbaux. La commission préparatoire, composée de 21 à 25 membres issus de quatre pôles (indépendants, opposition non armée, société civile et confessions, institutions), rédige le règlement intérieur et consolide les dossiers provinciaux.
Le Président de la République convoque le dialogue, garantit la sécurité et promulgue le Pacte national final. Mais il ne rédige pas la synthèse provinciale. « Le Gouvernement exécute ensuite. Le Parlement traduit en lois. La Cour constitutionnelle tranche le contentieux de conformité », précise Eugène Diomi Ndongala. Deux ordonnances présidentielles suffiraient pour instituer le comité d’organisation et convoquer le dialogue.
Un calendrier serré et des tests de sincérité
Le processus complet devrait tenir dans une enveloppe de trois mois. Les premières semaines seraient consacrées à l’installation des organes et à la rédaction du règlement intérieur. Les forums territoriaux se tiendraient ensuite en parallèle dans le plus grand nombre possible de territoires, suivis des forums provinciaux. La synthèse nationale serait publiée avant les assises de Kinshasa, qui adopteraient le Pacte national et sa matrice d’exécution.
Pour vérifier la sincérité du processus, Eugène Diomi Ndongala propose trois tests : le gouverneur ne préside pas le forum de sa province, les cahiers territoriaux sont publics avant le forum provincial, et la synthèse nationale contient des propositions que le centre n’aurait pas écrites seul. « Si l’un des trois manque, la pyramide s’est retournée. On aura consulté le pays pour mieux l’ignorer », avertit-il.
La feuille de route insiste sur la transparence : procès-verbaux mis en ligne sous 48 heures, archives audio conservées, observateurs accrédités. Le suivi serait assuré par un collège de douze membres, avec un rapport public tous les quatre-vingt-dix jours. L’objectif est de transformer la parole des communautés en engagements juridiques et en actions concrètes pour la refondation de l’État.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
