Le président de l’ECiDé et leader de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, conteste le format du dialogue national annoncé par le chef de l’État. Il s’interroge sur la cohérence entre les négociations menées avec l’AFC/M23 à Doha et l’exclusion de ce mouvement du processus politique interne. Ses déclarations ont été faites lundi 7 septembre sur Radio Okapi.
Un dialogue national contesté dans son format
Félix Tshisekedi a annoncé, le 27 août, l’organisation d’un dialogue national précédé de consultations dans les provinces. Le chef de l’État a précisé que les groupes armés ne pourraient pas y participer tant qu’ils n’auraient pas déposé les armes. Martin Fayulu rejette cette approche. Il estime que les consultations provinciales ne sauraient se substituer à un véritable dialogue national.
L’opposant réclame un « véritable dialogue national inclusif et souverain », consacré notamment aux causes de la crise sécuritaire et institutionnelle. Il considère que les conclusions des consultations menées dans les provinces ne devraient pas être modifiées avant leur examen au niveau national. Cette exigence traduit une volonté de préserver l’intégrité des travaux préparatoires et d’éviter toute manipulation ultérieure.
La contradiction entre Doha et Kinshasa
Martin Fayulu s’interroge surtout sur la différence de traitement entre les négociations menées avec l’AFC/M23 à l’extérieur du pays et la position du pouvoir concernant la participation de ce mouvement au dialogue national. Pour lui, si des discussions peuvent être engagées avec l’AFC/M23 à Doha, la question se pose de savoir pourquoi les acteurs impliqués dans le conflit ne pourraient pas être associés à une démarche politique visant à rechercher une solution à la crise.
« Pourquoi négocier avec l’AFC/M23 à Doha, mais refuser de parler avec eux à Kinshasa ? », s’est-il interrogé. Il estime également que la question de la nationalité des membres du M23 ne peut être dissociée de la recherche d’une solution au conflit, tout en rappelant que le mouvement est soutenu par le Rwanda. Cette position met en lumière les enjeux de souveraineté et de légitimité des pourparlers.
Des priorités sécuritaires et institutionnelles
Sur le plan sécuritaire, Martin Fayulu défend une réorganisation des Forces armées de la RDC (FARDC), le rétablissement de l’autorité de l’État dans les territoires occupés et le retour de l’administration civile. L’opposant rejette en revanche l’idée d’un partage de pouvoir comme moyen de résoudre la crise politique. Il privilégie une approche fondée sur le renforcement des institutions et la restauration de l’ordre républicain.
Le président de l’ECiDé affirme que sa position vise à favoriser la réconciliation et la cohésion nationales. Le dialogue annoncé par le chef de l’État reste ainsi au centre des divergences entre le pouvoir et une partie de l’opposition. Les prochaines semaines devraient préciser le calendrier et les modalités de ce processus, alors que les consultations provinciales sont attendues.
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Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
