Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et cadre dirigeante du Front Commun pour le Congo (FCC), a affirmé lundi que cette plateforme politique demeure active et organisée, en dépit des pressions et de l’exil de plusieurs de ses responsables. Invitée d’un espace d’échange en ligne animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, elle a rejeté l’idée d’une structure vidée de sa substance, expliquant que le bureau politique continue de fonctionner normalement à Kinshasa.
Selon elle, plus de la moitié des cadres du FCC vivent en exil pour des raisons de sécurité, mais ceux restés au pays poursuivent leurs activités malgré des menaces. Elle a dénoncé des détentions qu’elle qualifie d’illégales et tenues au secret, citant notamment Emmanuel Ramazani Shadary, ancien vice-Premier ministre de l’Intérieur et ancien candidat à la présidentielle, ainsi que l’ancien président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku. D’autres responsables seraient détenus en province, a-t-elle ajouté, sans donner de chiffres précis.
Une résistance pacifique face à la « pensée unique »
Marie-Ange Mushobekwa a présenté le FCC comme un mouvement engagé dans une résistance pacifique, déterminé à « barrer la route » à ce qu’elle appelle une dictature de la pensée unique. Cette posture s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes en République démocratique du Congo, où l’opposition dénonce régulièrement un rétrécissement de l’espace démocratique. L’ancienne ministre n’a toutefois fourni aucun élément concret sur les actions de résistance menées, se limitant à une déclaration d’intention.
Un bureau politique réduit mais une base militante revendiquée
Interrogée sur le nombre de membres actifs, elle a distingué la direction politique de la base militante. Selon elle, le FCC compterait des millions de sympathisants et de militants répartis dans toutes les provinces du pays. En revanche, le bureau politique, organe restreint composé des chefs de partis et regroupements membres ainsi que d’anciens responsables d’institutions, ne compte plus que 45 membres. Ce chiffre illustre l’érosion des effectifs dirigeants, plusieurs cadres ayant rallié l’Union sacrée de la Nation, la coalition au pouvoir.
Des liens formels avec « Sauvons la RDC »
Marie-Ange Mushobekwa a également clarifié les relations entre le FCC et la plateforme « Sauvons la RDC », toutes deux présidées par Joseph Kabila. Elle a affirmé que les deux structures fonctionnent de manière autonome et séparée, le FCC opérant à Kinshasa selon sa propre charte. Toutefois, elle a précisé que l’ancien ministre Raymond Tshibanda, présenté comme représentant de l’autorité morale du FCC, a signé la charte de « Sauvons la RDC » au nom du FCC. Ce geste établit, selon elle, un lien formel entre les deux plateformes, au-delà de leur fonctionnement institutionnel distinct.
Ces déclarations interviennent alors que le paysage politique congolais reste marqué par des recompositions et des alliances mouvantes. La question de la vitalité du FCC, créé par Joseph Kabila à la veille des élections de 2018, demeure un enjeu pour l’opposition comme pour le pouvoir en place.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
