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Électricité en RDC : de Makala aux conditions d’une desserte fiable

Le 5 septembre 2026, le directeur général de la Société nationale d’électricité, Teddy Lwamba, s’est rendu au poste haute tension de Makala, à Kinshasa, pour suivre l’installation et le raccordement d’un transformateur. Dans son article publié le 6 septembre sur les travaux de Makala, CongoQuotidien présente l’équipement comme un transformateur de 75 MVA. La SNEL vise une augmentation de la capacité de transformation et une meilleure réponse aux besoins des usagers desservis par ce poste.

Ce chantier place au premier plan une question concrète pour l’électricité en RDC : comment un investissement dans le réseau se traduit-il dans la vie quotidienne ? La production, l’acheminement du courant et sa distribution jusqu’aux abonnés remplissent des fonctions complémentaires. Pour les ménages comme pour les entreprises, le résultat attendu prend la forme d’une alimentation régulière, d’une tension adaptée aux équipements et d’un accès effectif au service.

À Makala, une intervention sur la transformation

Lors de la visite du 5 septembre 2026, les équipes techniques ont présenté l’avancement de l’installation et du raccordement. Selon la présentation du renforcement du poste de Makala, l’intervention doit aider la SNEL à mieux répartir la charge et à réduire les contraintes liées à une insuffisance d’équipements. Il s’agit de l’objectif poursuivi par les travaux.

Le rôle du transformateur se situe dans le passage entre différents niveaux de tension du réseau. Son installation constitue donc une intervention sur l’acheminement de l’électricité vers les lieux de consommation. Elle s’insère entre les ouvrages qui approvisionnent le poste et les circuits qui desservent les abonnés. La portée du chantier dépend de cette articulation avec les autres installations.

Teddy Lwamba a également demandé aux usagers de payer leurs factures, de préserver les équipements et de participer à la lutte contre le vandalisme. Cet appel associe la modernisation matérielle à la protection du réseau et aux recettes nécessaires au fonctionnement de l’entreprise. La SNEL présente ainsi l’entretien des relations avec les abonnés comme une composante de son action sur la desserte.

Production, transport et distribution : suivre le trajet du courant

La production correspond à l’électricité générée par les centrales. Le transport assure son acheminement sur de longues distances, puis la distribution la conduit vers les consommateurs. Les transformateurs adaptent les niveaux de tension au cours de ce trajet, comme l’explique l’Agence américaine d’information sur l’énergie dans sa présentation du réseau électrique. Chaque fonction intervient à une étape précise entre la centrale et le point de livraison.

Cette organisation explique pourquoi le renforcement d’un poste urbain se lit avec son approvisionnement en amont et ses départs de distribution en aval. Une centrale fournit l’énergie ; les lignes la transportent ; les équipements de proximité assurent son arrivée chez les abonnés. La qualité du service résulte du fonctionnement de cet ensemble.

Les besoins évoluent aussi au cours de la journée. Le département américain de l’Énergie souligne la nécessité d’adapter les capacités de production, de transport et de distribution aux pointes de consommation. Pour un réseau urbain, la manière dont les installations répondent aux périodes chargées compte donc autant que leur présence physique. C’est à ces moments que se rencontrent les besoins simultanés des logements, des commerces et des autres activités.

La maintenance, un enjeu identifié dès le diagnostic de 2024

Dans son diagnostic publié le 30 juillet 2024, le Réseau Mwangaza relevait la vétusté des infrastructures et des insuffisances de maintenance affectant la production, le transport et la distribution. Il associait ces difficultés à une dégradation du fonctionnement des installations. Cette appréciation appartient au diagnostic historique du Réseau Mwangaza sur les défis de l’électrification.

Le collectif signalait également une faible collaboration entre les institutions du secteur, ainsi que des moyens techniques et financiers limités. Son analyse associait donc les difficultés matérielles à l’organisation des acteurs chargés de l’électricité. La remise en état d’un ouvrage et la coordination de son exploitation relèvent de responsabilités complémentaires.

Appliquée au suivi des investissements, cette lecture donne une place centrale à la durée de fonctionnement. Après les travaux viennent l’exploitation, l’entretien et les interventions sur les équipements existants. Le service quotidien s’inscrit dans cette continuité. Pour apprécier la portée d’un renforcement, l’attention porte ainsi sur la vie de l’installation après le chantier et sur son insertion dans un réseau déjà en activité.

À Makala, les besoins des ménages ont des horaires précis

À l’approche de l’examen d’État 2025, des élèves du quartier Uele, dans la commune de Makala, décrivaient les conséquences des interruptions sur leurs révisions. Dans les témoignages publiés par CongoQuotidien le 26 juillet 2025 sur les élèves privés d’électricité, Alpha Bahati expliquait étudier à la bougie. Clara Mayo racontait avoir séjourné chez un oncle mieux desservi, puis adapté ses révisions à la lumière du jour et à l’usage d’une torche.

Ces récits situent le besoin électrique à une heure et pour une activité précises : disposer d’éclairage au moment d’étudier. Ils montrent aussi des réponses différentes à l’interruption du service, depuis le déplacement temporaire jusqu’au recours à un autre moyen d’éclairage. La régularité de l’alimentation intervient ainsi dans l’organisation du foyer.

L’enjeu de la facturation apparaît dans un autre épisode. Dans une prise de position relayée le 6 avril 2026 par CongoQuotidien, la Voix des Sans Voix dénonçait des factures qu’elle jugeait déconnectées du service fourni à Kinshasa. L’organisation demandait aux entreprises publiques d’adapter la facturation à la desserte réelle. Cette revendication portait sur la relation entre paiement demandé et prestation reçue.

Le plan de Kinshasa annoncé le 14 novembre 2025

Le 14 novembre 2025, au Conseil des ministres, le ministère des Ressources hydrauliques et de l’Électricité a présenté un plan d’action destiné à améliorer la desserte de Kinshasa. La direction de la SNEL avait été instruite d’élaborer et de déployer un programme associant exploitation et investissement, selon le compte rendu de cette annonce publié par l’ACP le 15 novembre 2025.

La durée prévisionnelle annoncée était d’un semestre. Les interventions devaient concerner les secteurs Est, Ouest et Nord, l’optimisation du réseau basse tension et la sécurisation des sites stratégiques. Le programme visait également une réduction du délestage de deux heures à l’échelle de la ville et sa suppression à la Gombe, retenue comme zone pilote. Ces échéances et objectifs sont ceux du plan annoncé en novembre 2025.

Le volet consacré à la basse tension plaçait les équipements proches des consommateurs parmi les priorités. L’extension des périmètres de desserte concernait, pour sa part, les espaces à raccorder. Le plan distinguait ainsi deux besoins : améliorer la continuité chez les abonnés et étendre la couverture à d’autres usagers.

Le 21 mai 2026, la production et les réseaux au Parlement

Le 21 mai 2026, devant l’Assemblée nationale, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Molendo Sakombi, a présenté une stratégie reposant sur la réhabilitation et la construction d’infrastructures, notamment Kakobola, Katende et Inga 3. Il a aussi déclaré qu’un plan d’assainissement du réseau de distribution de la SNEL était en cours à Kinshasa, selon le récit de la séance publié par Radio Okapi le 23 mai 2026.

La députée Adèle Bazizane Maheshe, à l’origine de la question orale, a recommandé d’inscrire des centrales hydroélectriques et solaires dans le projet de loi de finances 2027. Cette recommandation relevait de la préparation des investissements futurs. Elle accompagnait un appel à accélérer la réhabilitation des installations hydroélectriques.

À l’issue des échanges, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji, a demandé au ministre une évaluation des objectifs de son département dans un délai de cinq mois, rapporte Radio Okapi dans son compte rendu du débat parlementaire. Cette demande inscrivait les orientations ministérielles dans une échéance de suivi. Elle associait les projets de production aux attentes portant sur l’entretien, les réseaux et l’élargissement du service.

À Lubero, le raccordement au cœur des tensions de juin

Le 27 juin 2026, une opération de contrôle des branchements au réseau de Virunga Energie a suscité des tensions dans la commune rurale de Lubero, au Nord-Kivu. Selon les témoignages locaux repris dans l’article de CongoQuotidien publié le 28 juin sur les difficultés de raccordement à Lubero, des foyers recevaient irrégulièrement du courant en partageant l’alimentation de clients titulaires d’un contrat.

Virunga Energie affirmait reconnaître uniquement ses abonnés contractuels. L’entreprise présentait les contrôles comme une réponse aux risques associés aux branchements non conformes. Elle invoquait notamment la fragilisation des installations, les pertes d’énergie et les dangers d’électrocution ou d’incendie. Ces explications sont celles de l’opérateur.

Cet épisode illustre une dimension distincte de la desserte : l’accès à un raccordement officiel. Pour les ménages concernés, la proximité du réseau coexistait avec des solutions de partage hors du cadre contractuel. La question portait à la fois sur l’accès au courant, la sécurité des installations et la relation commerciale avec le fournisseur. Elle complète les préoccupations des abonnés déjà raccordés qui attendent une alimentation plus régulière.

Le bilan de l’ARE présenté le 29 juillet 2026

Le 29 juillet 2026 à Kinshasa, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité a présenté un bilan couvrant cent jours d’activité. Elle faisait état de 45 projets examinés, dont 30 concernant la production ou l’importation et 15 la commercialisation ou l’accès au réseau. Ces chiffres décrivent l’activité d’examen annoncée dans le bilan de l’ARE relayé le 30 juillet par CongoQuotidien, d’après actu30.cd.

Pour cette même période, l’autorité déclarait avoir traité 12 dossiers tarifaires, délivré 18 avis favorables pour des titres énergétiques et inspecté 16 ouvrages. Ces opérations, détaillées dans la présentation des activités réglementaires de l’ARE, concernent des étapes différentes : encadrement des tarifs, procédures relatives aux titres et contrôle des installations.

Le portefeuille examiné rassemble donc plusieurs voies de développement du secteur. La production et l’importation concernent l’offre d’électricité ; la commercialisation et l’accès au réseau organisent les conditions de sa fourniture. Les dossiers examinés relèvent du parcours administratif des initiatives. L’installation des équipements, leur exploitation et l’énergie ensuite livrée aux abonnés constituent d’autres étapes de leur réalisation.

À Lubumbashi, le transport rejoint les usages industriels et résidentiels

Le 29 août 2026, Teddy Lwamba a inspecté plusieurs installations de Lubumbashi, notamment le poste de NRK et la sous-station de Karavia. Le poste de NRK alimente plusieurs départs et des clients industriels et miniers, dont CHEMAF, Ruashi Mining et MMG, selon le reportage d’Ouragan publié le même jour sur cette mission de la SNEL.

À Karavia, Ouragan décrivait une puissance transitée estimée à environ 300 MW au moment de la visite. Le site faisait l’objet de travaux comprenant l’installation d’un système de compensation statique de puissance réactive, destiné à améliorer la stabilité et la régulation de la tension. Le même reportage sur la modernisation de Karavia mentionnait un transformateur de 50 MVA contribuant à l’alimentation d’une partie du quartier Golf.

Ce cas réunit, autour d’une même zone d’infrastructure, le transit d’électricité et des usages résidentiels, industriels et miniers. Il illustre la diversité des besoins auxquels répond le réseau. Pour les entreprises, l’alimentation accompagne les plages de fonctionnement des équipements ; pour les habitants, elle soutient les activités du foyer. La stabilité de la tension figure explicitement parmi les objectifs des travaux décrits à Karavia.

Ce qui reste à mesurer

À Makala, le suivi attendu porte sur la mise en service effective, les zones alimentées et l’évolution du service après travaux. La fréquence et la durée des coupures, la qualité de la tension, les heures de fourniture et les nouveaux raccordements donneront un contenu concret à l’amélioration recherchée. Pour les ménages et les entreprises, les dépenses de secours complètent cette appréciation du service reçu.

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