La disparition du Professeur Jean-Gualbert Nyembo Shabani, annoncée par sa famille, ouvre une séquence d’hommages officiels à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays. Décédé le 21 août 2026 à l’âge de 89 ans, cet économiste et ancien gouverneur de la Banque Centrale du Congo a occupé à plusieurs reprises des fonctions ministérielles. Son parcours de grand commis de l’État soulève une question simple : que reste-t-il, pour les citoyens, de ces figures qui ont traversé les institutions sans toujours en maîtriser les dérives ?
Le programme de recueillement, rendu public par la famille, s’étend du 26 au 31 août. Il prévoit des veillées à la résidence du défunt, avenue Kitona dans la commune de Lemba, puis une grande veillée mortuaire officielle au Palais du Peuple le dimanche 30 août. La levée du corps est fixée au lundi 31 août à la morgue de la Clinique Ngaliema, suivie d’une messe à la Cathédrale Notre-Dame du Congo et de l’inhumation à la Nécropole « Entre Terre et Ciel ». Un bain de consolation est annoncé au Chapiteau Pullman et à la résidence de Righini.
Un parcours d’État au cœur des institutions économiques
Jean-Gualbert Nyembo Shabani a dirigé la Banque Centrale du Congo, institution chargée de la stabilité monétaire et de la régulation du système financier. Son passage à ce poste, comme ses fonctions ministérielles, l’a placé au centre des décisions économiques du pays. La famille le présente comme un « bâtisseur respecté » et un « économiste émérite », sans que le communiqué ne détaille les réalisations ou les échecs de ces mandats. Cette sobriété laisse aux Congolais le soin de juger l’héritage d’un homme qui a servi sous plusieurs régimes.
Des funérailles entre hommage officiel et recueillement communautaire
Les cérémonies prévues à Kinshasa combinent des espaces de pouvoir et des lieux de proximité. Le Palais du Peuple, siège du Parlement, accueillera la grande veillée officielle, tandis que la résidence de Lemba reste ouverte aux veillées familiales et de quartier. Des hommages sont également organisés à Lubumbashi, Kalemie, Kayanza et Kongolo, ce qui indique une implantation familiale ou politique dans plusieurs provinces. Un numéro de contact est mis à disposition pour toute information complémentaire.
La mémoire d’un serviteur de l’État à l’épreuve du temps
La mort d’un ancien gouverneur de la Banque Centrale du Congo rappelle que les institutions économiques congolaises ont souvent été dirigées par des personnalités dont la longévité politique contraste avec la fragilité des résultats pour la population. Le communiqué ne mentionne ni bilan chiffré, ni réforme emblématique, ni controverse. Il invite à un hommage respectueux, mais laisse ouverte la question de la transmission : ces funérailles seront-elles l’occasion d’un débat public sur la gouvernance économique, ou seulement d’un rituel de deuil ?
Les Congolais qui suivront ces cérémonies, à Kinshasa comme dans les provinces citées, verront défiler les hommages officiels. Ils pourront aussi mesurer la distance entre la solennité des institutions et les attentes concrètes des citoyens. Le décès de Jean-Gualbert Nyembo Shabani ne clôt pas seulement une vie ; il rouvre, discrètement, le chapitre des responsabilités publiques dans un pays où la mémoire des grands commis reste souvent silencieuse sur les choix qui ont marqué le quotidien des ménages.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
