La riposte contre la maladie à virus Ebola en Ituri se heurte encore à un obstacle majeur : la résistance d’une partie de la population. Dans plusieurs quartiers de Bunia et localités voisines, des décès communautaires continuent d’être signalés, ce qui favorise la propagation de l’épidémie. Cette situation contraste avec les zones où les mesures de prévention sont mieux acceptées, où l’on observe une diminution des nouveaux cas. Comprendre les raisons de cette résistance et les actions menées pour y répondre est essentiel pour mesurer les progrès possibles dans la lutte contre Ebola.
Des foyers de résistance identifiés à Bunia et en périphérie
Les équipes de riposte font face à des refus de collaboration dans certains secteurs. À Bunia, les quartiers Ndibe, Simbilyabo et une partie de Lembabo sont concernés. En périphérie, les localités de Miala, Centrale Soleniama, Nizi et Iga‑Barrière, situées à une dizaine de kilomètres au nord de la ville, connaissent des difficultés similaires. Certaines personnes nient l’existence de la maladie ou refusent de suivre les recommandations sanitaires, ce qui complique le travail de surveillance et de prise en charge. Ces comportements empêchent les équipes d’identifier rapidement les cas contacts et d’organiser des enterrements dignes et sécurisés, pourtant indispensables pour couper la chaîne de transmission.
La sensibilisation et l’engagement des chefs coutumiers comme levier
Pour inverser cette tendance, les acteurs de la riposte et leurs partenaires intensifient les campagnes de sensibilisation. Ils misent sur l’implication des leaders communautaires, considérés comme des relais essentiels pour convaincre les populations réticentes. À Miala, une organisation féminine a mené une campagne axée sur les mesures de prévention. Jeudi dernier, les équipes ont réuni les chefs coutumiers de la chefferie de Baboa Bokoe. À l’issue des échanges, huit chefs de groupement ont signé un acte d’engagement en faveur de la riposte. Cette signature marque une étape concrète : elle traduit la volonté de ces autorités traditionnelles de relayer les messages de prévention et de faciliter l’accès des équipes sanitaires aux communautés.
Un appel à la mobilisation pour endiguer l’épidémie
Les autorités sanitaires invitent les autres leaders d’opinion à suivre cet exemple. L’objectif est de renforcer la mobilisation communautaire et de contribuer à mettre fin à une épidémie qui a déjà coûté la vie à plus de 2 700 personnes. La signature de cet engagement par les chefs coutumiers est perçue comme un pas important pour améliorer l’adhésion de la population aux mesures de lutte contre Ebola. En effet, lorsque les leaders locaux s’impliquent, les messages de prévention sont mieux acceptés, ce qui peut réduire les décès communautaires et accélérer la fin de l’épidémie.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
