AccueilActualitéÉconomieBanque publique de l’habitat : Kinshasa veut financer le logement social

Banque publique de l’habitat : Kinshasa veut financer le logement social

Le gouvernement congolais a annoncé, lors du Conseil des ministres du vendredi 28 août à Kinshasa, son intention de créer une Banque publique de l’habitat. Cette institution spécialisée vise à renforcer le financement du secteur du logement et à sécuriser les programmes de logements sociaux. L’objectif affiché est de soutenir une croissance durable dans un pays où l’accès à un toit décent reste un défi majeur pour de nombreux ménages.

Un outil financier dédié au logement social

La Première ministre Judith Suminwa a présenté ce projet comme une réponse structurelle aux difficultés de financement du secteur immobilier. Selon le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, la création d’une banque publique spécialisée, à l’image de plusieurs pays africains, permettrait de renforcer le financement du secteur, de sécuriser les programmes de logements sociaux et de soutenir une croissance durable. Concrètement, une telle banque pourrait accorder des prêts à des conditions adaptées aux promoteurs et aux ménages, réduisant ainsi le déficit de logements abordables. Cette approche vise à mobiliser des ressources publiques pour un secteur souvent délaissé par les banques commerciales, qui exigent des garanties élevées et des taux d’intérêt peu accessibles pour la majorité des Congolais.

Le FOREC mobilisé pour des projets structurants

Le Conseil des ministres a également évoqué le financement de plusieurs projets phares par le Fonds de régulation économique (FOREC). Parmi eux figurent la relance agricole dans les zones centrales, la production de semences pour accroître l’autosuffisance alimentaire et le balisage de près de 8 300 km de voies fluviales pour faciliter l’évacuation des produits. Ces initiatives visent à stimuler la production locale et à améliorer la circulation des biens, deux leviers essentiels pour réduire la dépendance alimentaire du pays. Le balisage des voies fluviales, en particulier, devrait permettre de désenclaver des régions productrices et de réduire les coûts de transport, un facteur clé pour la compétitivité des produits locaux.

Des filières prioritaires pour réduire la dépendance alimentaire

Le FOREC financera directement les producteurs locaux, avec un accent sur trois cultures stratégiques : le manioc, le maïs et les haricots. Ces filières, largement consommées par la population, sont au cœur de la stratégie gouvernementale pour renforcer la sécurité alimentaire. En soutenant les agriculteurs, l’exécutif espère augmenter les rendements et stabiliser les prix sur les marchés, un enjeu crucial pour le pouvoir d’achat des ménages congolais. Le choix de ces cultures n’est pas anodin : elles constituent la base de l’alimentation quotidienne et leur production locale peut réduire la facture des importations, tout en créant des emplois dans les zones rurales.

La création de la Banque publique de l’habitat et les financements du FOREC s’inscrivent dans une logique de long terme : mobiliser des ressources publiques pour des secteurs clés, tout en créant les conditions d’une croissance plus inclusive. Reste à savoir si ces annonces se traduiront rapidement en actions concrètes sur le terrain, avec des mécanismes de suivi et de transparence pour garantir l’efficacité des fonds alloués.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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