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Dialogue national : la C64 rejette l’initiative de Tshisekedi

L’annonce d’un Dialogue national inclusif par le président Félix Tshisekedi, jeudi 27 août 2026, a suscité une réaction immédiate de l’opposition. Joseph Edeba, membre de la Conférence des présidents de la C64, a rejeté l’initiative, la qualifiant de « consultation sous tutelle » dans une interview accordée à Actu30.cd le lendemain.

Un cadre juridique contesté

Pour Joseph Edeba, l’annonce présidentielle ne constitue pas une convocation formelle. « Annoncer un dialogue n’est pas convoquer un dialogue, monsieur journaliste. Il faut mettre fin au brouillage sémantique », a-t-il déclaré. Selon lui, les Congolais ne disposent pas encore d’un cadre juridiquement établi, avec des règles connues et une feuille de route consensuelle. « À ce jour, les Congolais n’ont pas un dialogue juridiquement convoqué, avec des règles connues, un cadre consensuel et une feuille de route opposable à tous. Ils n’ont qu’un discours présidentiel accompagné des intentions », a-t-il affirmé.

Les étapes annoncées par le chef de l’État

Dans son message à la nation, le président Tshisekedi a précisé que le dialogue partirait des provinces, Kinshasa n’étant que l’aboutissement du processus. Des forums préliminaires réuniront au chef-lieu provincial les populations, les autorités locales, les députés nationaux et sénateurs élus de la province, les représentants des entités territoriales décentralisées et déconcentrées, les partis et regroupements politiques de la majorité et de l’opposition, la société civile, les autorités coutumières, les confessions religieuses, ainsi que les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques. Chaque entité formulera ses priorités et propositions, qui seront consolidées dans un document de synthèse nationale discuté lors des assises de Kinshasa.

Des ordonnances présidentielles attendues

Le chef de l’État a promis de prendre dans les prochains jours une ordonnance instituant le « comité d’organisation du dialogue national pour la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État ». Ce comité sera chargé de la préparation administrative, matérielle et logistique du dialogue et veillera à réunir les préalables indispensables. Une autre ordonnance fixera les principes directeurs, les principales étapes, les modalités de représentation ainsi que les mécanismes de suivi et de mise en œuvre des conclusions du dialogue.

Les réserves de l’opposition

Joseph Edeba a prévenu que son camp ne participerait pas à ce qu’il qualifie de « mise en scène institutionnelle ». Selon lui, le pouvoir chercherait à « donner l’illusion d’un consensus national qu’il n’a pas obtenu dans la gestion du pays ». Il critique les limites que le pouvoir aurait déjà fixées : « Un dialogue dont le pouvoir fixe, avance les limites, les sujets interdits, le résultat intouchable et les calendriers n’est pas un dialogue, c’est une consultation sous tutelle », a-t-il ajouté. Pour cet opposant, un véritable dialogue devrait aborder la gouvernance, la sécurité, la justice, les élections, la corruption et l’impunité. « Le peuple congolais n’a pas besoin qu’on lui organise une séance nationale de sensibilisation pour lui apprendre à accepter les faits accomplis. Il exige des réponses sur la crise de l’État, la gouvernance, la sécurité et la justice, les élections, la corruption, l’impunité, l’avenir de nos institutions », a-t-il conclu.

La divergence entre l’approche présidentielle, qui privilégie une consultation provinciale préalable, et l’exigence d’un cadre consensuel immédiat portée par la C64, laisse entrevoir des discussions difficiles sur la légitimité du processus.

Article Ecrit par Cédric Botela

Sources: actu30.cd, radiookapi.net

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