À trois jours de la rentrée scolaire 2026-2027, les syndicats d’enseignants de Beni, Butembo et Lubero demandent un renforcement immédiat des dispositifs sanitaires dans les écoles. Réunis mercredi 26 août à Beni, les représentants du Syndicat des enseignants des écoles conventionnées catholiques (SYNECAT), du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) et de l’Union nationale des enseignants du Congo (UNECO) ont réaffirmé leur volonté de reprendre les cours, tout en conditionnant cette reprise à la mise en place de mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola.
La résurgence de l’épidémie dans la région constitue désormais la principale préoccupation des enseignants. Jérémie Kinyangwa, président provincial de l’UNECO au Nord-Kivu, explique que l’épidémie d’Ebola s’intercale dans un contexte où la rentrée était déjà actée. « Nous avons été unanimes pour la rentrée, cependant il y a maintenant Ebola qui vient s’intercaler », a-t-il déclaré. Cette déclaration illustre la tension entre la nécessité de reprendre l’école et la crainte d’une propagation du virus dans des lieux de forte concentration.
Des équipements simples pour limiter la transmission
Les organisations syndicales demandent l’installation de thermoflashs pour mesurer la température des élèves et du personnel à l’entrée des établissements. Elles souhaitent également que des dispositifs de lavage des mains soient placés à l’entrée des écoles et devant les salles de classe. Ces mesures visent à réduire le risque de propagation du virus dans les espaces scolaires, où la promiscuité peut favoriser la transmission. Le lavage des mains à l’eau et au savon ou avec une solution hydroalcoolique est l’un des gestes barrières les plus efficaces contre Ebola, car le virus est enveloppé et sensible aux détergents. La prise de température permet, quant à elle, de repérer rapidement une fièvre, symptôme fréquent de la maladie, et d’orienter la personne vers une évaluation médicale.
Des espaces d’isolement pour les cas suspects
Au-delà du dépistage thermique et de l’hygiène des mains, les syndicats réclament la mise en place d’espaces dédiés à la prise en charge des cas suspects. Ces zones permettraient d’isoler rapidement un élève ou un enseignant présentant des symptômes évocateurs, en attendant une évaluation médicale. Cette demande s’inscrit dans une logique de précaution, alors que la maladie à virus Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Un isolement précoce réduit le risque de contamination d’autres personnes dans l’école et facilite l’intervention des équipes sanitaires. Pour les enseignants, ces espaces doivent être fonctionnels dès le premier jour de classe afin de ne pas retarder la prise en charge.
Un appel aux autorités et aux partenaires humanitaires
Les enseignants sollicitent l’intervention du Gouvernement, des autorités provinciales et des partenaires humanitaires afin que ces dispositifs soient installés avant le démarrage effectif des cours. Pour les syndicats, ces mesures doivent permettre de limiter les risques de transmission du virus dans les écoles de Beni, Butembo et Lubero, tout en garantissant la reprise des activités scolaires. La rentrée scolaire 2026-2027 est prévue dans trois jours, et les enseignants espèrent que les équipements seront disponibles à temps pour assurer un environnement d’apprentissage plus sûr. La mobilisation des autorités est donc attendue dans les prochaines heures, car chaque jour compte pour préparer les établissements. Les syndicats insistent sur le fait que la sécurité sanitaire est une condition indispensable pour que les élèves puissent reprendre le chemin de l’école sans exposer leur santé ni celle de leurs enseignants.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
