AccueilActualitéInternationalEbola en RDC : l'ONU alerte sur un financement critique

Ebola en RDC : l’ONU alerte sur un financement critique

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a franchi un seuil critique, avec plus de 5 700 cas confirmés et 2 744 décès au 25 août, selon les données des Nations unies. Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a lancé jeudi 27 août 2026 un appel urgent à la mobilisation internationale, alors que les ressources financières pourraient s’épuiser en quelques semaines seulement.

Une progression plus rapide que la riposte

Antonio Guterres a qualifié cette épidémie de « la croissance la plus rapide jamais enregistrée ». Environ 500 nouvelles infections sont signalées chaque semaine, touchant particulièrement les femmes et les enfants. « Elle progresse plus vite et s’étend plus largement que la riposte destinée à la contenir. Mais elle peut être arrêtée », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à New York. Cette dynamique épidémique s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : l’insécurité chronique, les déplacements massifs de population et la faiblesse des infrastructures sanitaires dans les zones touchées.

Un financement humanitaire insuffisant

Le plan humanitaire de 2,13 milliards de dollars présenté pour répondre à la crise n’est financé qu’à 48 %, malgré une contribution importante des États-Unis, selon le Secrétaire général. L’ONU a mobilisé plus de 80 millions de dollars via ses fonds communs, mais ces ressources ne permettront de tenir que « des semaines, pas des mois ». Antonio Guterres réclame donc 1,1 milliard de dollars supplémentaires. « Sans financement supplémentaire, des opérations vitales seront à court d’argent au moment même où elles doivent monter en puissance », a-t-il averti. Ce déficit de financement menace directement la continuité des activités de prévention, de traitement et de vaccination sur le terrain.

L’insécurité, un obstacle majeur dans l’Ituri

La province de l’Ituri illustre les difficultés rencontrées par les équipes de riposte. Un million de personnes y ont été déplacées en trente ans de conflits, et plus de 12 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire et d’une protection dans la région. Plus de 40 professionnels de santé ont perdu la vie, tandis que des centres de traitement et des ambulances ont été attaqués. Les équipes humanitaires doivent ainsi affronter simultanément le virus, la violence et la résistance communautaire. Cette insécurité entrave l’accès aux populations, complique le suivi des contacts et ralentit la mise en œuvre des mesures de contrôle.

Combattre aussi le virus de l’indifférence

Au-delà des aspects financiers et sécuritaires, Antonio Guterres a insisté sur la nécessité de lutter contre « un autre virus : le virus de l’indifférence ». « Nous savons comment contenir Ebola, comment interrompre la transmission et comment sauver des vies », a-t-il rappelé. Pour le Secrétaire général, la réponse à cette épidémie ne dépend pas seulement des moyens techniques, mais aussi d’une volonté politique et d’une solidarité internationale renforcée. Chaque semaine de retard dans le financement se traduit par des vies perdues et une extension géographique du virus, rendant la riposte encore plus complexe et coûteuse.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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