À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, les enseignants de la province éducationnelle Maï-Ndombe 1 ont manifesté mardi 25 août dans les rues d’Inongo pour réclamer le paiement de deux mois d’arriérés de salaires. Ils exigent le versement des salaires de décembre 2025 et janvier 2026. Cette mobilisation, organisée à l’appel de l’Intersyndicale des enseignants, met en lumière une tension sociale qui pourrait compromettre la reprise des cours.
La colère des enseignants ne se limite pas à une simple question de trésorerie personnelle. Elle révèle un dysfonctionnement plus profond dans la chaîne de paiement des agents de l’État, avec des conséquences directes sur le droit à l’éducation des élèves. Les manifestants dénoncent leurs conditions de vie et demandent l’intervention des autorités nationales pour régulariser leur situation salariale.
Une menace de grève sèche à la rentrée
Faute de réponse satisfaisante, les syndicats menacent de lancer une grève sèche dès la rentrée scolaire 2026-2027. « Face à cette situation, l’Intersyndicale décide une grève sèche dès la rentrée scolaire 2026-2027 en cas de non-satisfaction de la présente revendication », a déclaré Gédéon Mfuba Bompagne, président de l’Intersyndicale des enseignants de Maï-Ndombe 1. Cette position ferme traduit une exaspération qui pourrait paralyser le système éducatif local.
Les enseignants réclament le paiement intégral des deux mois de salaires dus et une amélioration de leurs conditions de travail. Ils affirment vouloir maintenir leur mobilisation jusqu’à la satisfaction de leurs revendications. Une telle détermination laisse présager un bras de fer avec les autorités, dont l’issue conditionnera la stabilité de l’année scolaire.
Un enjeu de responsabilité publique
Cette situation interroge la capacité de l’État à honorer ses engagements envers ses agents. Le non-paiement des salaires des enseignants n’est pas un fait isolé, mais un symptôme récurrent qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions. À Inongo, comme ailleurs, la régularité des salaires est un préalable à la qualité de l’enseignement et à la sérénité des familles.
La mobilisation des enseignants de Maï-Ndombe 1 pourrait avoir un écho au-delà de la province. Elle rappelle que la rentrée scolaire ne se joue pas seulement dans les salles de classe, mais aussi dans les bureaux où se décident les paiements. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si le dialogue l’emportera sur l’épreuve de force.
Dans ce contexte, la pression exercée par l’Intersyndicale des enseignants vise à obtenir une réponse rapide des autorités. La menace de grève sèche, si elle se concrétise, priverait des milliers d’élèves de leur droit à l’instruction dès les premiers jours de l’année scolaire. Les parents, déjà confrontés à de multiples difficultés économiques, se retrouveraient face à une rentrée incertaine, avec des enfants contraints de rester à la maison.
La question des arriérés de salaires à Maï-Ndombe 1 illustre les défis structurels du système éducatif congolais. Les enseignants, en première ligne pour former la jeunesse, se sentent abandonnés par un État qui tarde à honorer ses obligations. Leur mobilisation à Inongo est un signal fort adressé aux décideurs, appelés à prendre des mesures concrètes pour éviter une crise éducative majeure.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
