La riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo fait face à un obstacle supplémentaire : les attaques répétées contre les équipes de la Croix-Rouge. En cent jours d’intervention, onze incidents ont été enregistrés, blessant douze volontaires. Des ambulances ont été endommagées, dont une incendiée, et du matériel d’intervention détruit. Ces actes réduisent la capacité des organisations humanitaires à fournir des services sanitaires d’urgence et compliquent les efforts pour contenir l’épidémie.
La Croix-Rouge de la République démocratique du Congo (CRRDC), la Croix-Rouge de l’Ouganda (URCS), la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont exprimé leur préoccupation dans une déclaration rendue publique lundi 24 août 2026. Elles appellent les communautés, les leaders locaux et toutes les parties à soutenir, respecter et protéger l’action humanitaire.
Des volontaires en première ligne face aux risques
Les volontaires de la Croix-Rouge jouent un rôle essentiel dans la riposte contre Ebola. Ils participent à la sensibilisation des communautés, à la recherche des contacts, à la désinfection des foyers et à l’enterrement digne et sécurisé des victimes. Leur travail les expose directement au virus, mais aussi à la méfiance et à la violence de certaines personnes. Les attaques documentées montrent que ces risques ne sont pas seulement théoriques : douze volontaires ont été blessés en cent jours.
Ces incidents ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un contexte où les équipes de riposte sont parfois perçues avec suspicion. La destruction d’une ambulance et de matériel d’intervention prive les communautés de services essentiels. Chaque ambulance incendiée ou endommagée retarde le transport des malades et des échantillons biologiques, ce qui peut accélérer la propagation de la maladie.
Un impact direct sur la capacité de réponse sanitaire
La Croix-Rouge souligne que ces attaques réduisent sa capacité à fournir des services sanitaires et humanitaires d’urgence. Concrètement, cela signifie que des zones entières peuvent se retrouver sans équipes de sensibilisation, sans désinfection des maisons ou sans enterrements sécurisés. Or, ces activités sont cruciales pour briser les chaînes de transmission du virus Ebola.
L’épidémie constitue une menace pour la vie des populations. Chaque jour sans intervention complète augmente le risque de nouveaux cas. Les organisations humanitaires rappellent que leur action est neutre et impartiale, et qu’elle vise uniquement à sauver des vies. Elles réaffirment leur engagement à poursuivre leurs efforts afin de fournir une assistance humanitaire à toutes les personnes qui en ont besoin, malgré les obstacles.
Un appel à la protection de l’action humanitaire
Face à cette situation, les organisations humanitaires appellent les communautés, les leaders locaux et toutes les parties à soutenir, respecter et protéger l’action humanitaire. Cet appel n’est pas une simple formalité : il s’agit d’une condition nécessaire pour que la riposte puisse fonctionner. Sans la confiance et la protection des populations, les volontaires ne peuvent pas accomplir leur mission.
Les leaders locaux ont un rôle clé à jouer. Ils peuvent expliquer le travail de la Croix-Rouge, dissiper les rumeurs et encourager la coopération. Les communautés, de leur côté, peuvent signaler les cas suspects et faciliter l’accès des équipes. La protection des volontaires et du matériel est donc un enjeu collectif, qui dépasse le seul cadre humanitaire.
En attendant, la Croix-Rouge et ses partenaires poursuivent leurs activités. Elles savent que chaque jour compte dans la lutte contre Ebola. Mais elles savent aussi que leur sécurité dépend en grande partie de l’attitude des populations. C’est pourquoi elles insistent sur la nécessité d’un environnement protecteur pour tous les acteurs de la riposte.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
