La caravane infrastructurelle conduite par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a entamé dimanche 23 août 2026 une nouvelle phase dans le Kongo-Central. Cette tournée, qui s’étend de Muanda à Kinshasa, met en lumière l’état d’avancement de chantiers routiers et portuaires dont dépend une partie de la mobilité et de l’économie de la région.
L’inspection a débuté à Muanda, où la lutte contre l’érosion côtière mobilise des financements de la Société de péage du Congo. Un mur de protection de 1 400 mètres, renforcé par des palplanches métalliques et des enrochements, y a été construit pour contenir l’avancée de l’océan Atlantique. Ces travaux sont présentés comme un préalable à la viabilité du futur port en eaux profondes de Banana, dont la première phase est annoncée pour mars 2027.
Un corridor stratégique sous surveillance
La mission s’inscrit dans le suivi du corridor Banana-Sakania, long de 3 300 kilomètres. Le ministre entend dresser un état des lieux sans complaisance, évaluer l’avancement physique des travaux et identifier les blocages techniques et financiers. Cette approche traduit une volonté de contrôle sur des projets dont les retards ou les défaillances affecteraient directement les usagers et les opérateurs économiques.
Sur l’axe Muanda-Yema, long de 23 kilomètres, la route a été rouverte jusqu’à la frontière angolaise par la société Vaste Réseau de Services au Congo. Le taux d’exécution dépasse désormais 60 %, selon les informations communiquées lors de la visite. Des travaux de revêtement et d’assainissement doivent encore être menés pour consolider cette liaison transfrontalière.
Le port de Banana, un enjeu d’accès et de calendrier
À Banana, l’attention se concentre sur les travaux routiers et la protection du littoral. Le premier quai du port en eaux profondes pourra accueillir simultanément deux gros navires ou quatre bateaux de taille moyenne. Sa mise en service est annoncée dans les prochains mois, mais la réussite de la première phase dépend de la préparation des infrastructures d’accès.
Le directeur général de l’Agence congolaise des grands travaux, Nico Nzau Nzau, a souligné que cette inspection permet de suivre l’exécution des projets tout au long de la RN1. La caravane doit se poursuivre à Boma, Matadi, Mbanza-Ngungu, Kimpese, Tshela et Lukala, ainsi que sur la RN16 en direction du Kwango et du Kwilu.
Une responsabilité publique face aux attentes locales
Cette tournée révèle un enjeu de gouvernance : les annonces de grands chantiers ne suffisent pas si les routes d’accès, les ouvrages de protection et les financements ne suivent pas. Pour les populations du Kongo-Central, la qualité de ces infrastructures conditionne les déplacements quotidiens, l’accès aux services et les échanges avec l’Angola voisine.
La présence du ministre sur le terrain vise à rappeler que l’État suit ces projets de près. Reste à savoir si cette vigilance se traduira par des livraisons effectives dans les délais annoncés, et si les blocages identifiés seront levés avant l’échéance de mars 2027 pour le port de Banana.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Sources: radiookapi.net, actu30.cd
