L’épidémie de maladie à virus Ebola qui touche la République démocratique du Congo (RDC) depuis mai dernier a déjà causé plus de 2 500 décès, selon les autorités sanitaires. Face à cette progression, le pape Léon XIV a appelé dimanche 23 août la communauté internationale à renforcer son engagement et à associer davantage les communautés locales aux efforts de prévention.
Après la prière de l’Angélus, le souverain pontife a exprimé sa préoccupation. « Dans mes prières, je pense souvent à la République démocratique du Congo, notamment en raison de la propagation de l’épidémie d’Ebola qui, malheureusement, fait de nombreuses victimes », a-t-il déclaré. Sur son compte X, il a insisté sur la nécessité d’une réaction internationale, tout en soulignant le rôle des populations locales.
Un appel à une riposte plus inclusive
Le message du pape Léon XIV met l’accent sur la participation des communautés locales. « J’encourage la communauté internationale à réagir, en associant également les communautés locales aux efforts de prévention, afin de sauver de nombreuses vies humaines », a-t-il écrit. Cette approche est considérée comme essentielle pour gagner la confiance des populations et améliorer l’efficacité des mesures de lutte contre le virus.
L’épidémie touche déjà cinq provinces de la RDC. Pour limiter sa propagation, le gouvernement congolais et ses partenaires ont lancé jeudi 20 août à Kinshasa l’initiative « Fleuve Congo Sans Ebola ». Ce projet vise à renforcer la surveillance et la riposte contre Ebola et d’autres maladies à potentiel épidémique le long du corridor fluvial reliant Kisangani (Tshopo) à Kinshasa.
Une initiative fluviale pour surveiller et riposter
« Fleuve Congo Sans Ebola » est pilotée par le gouvernement congolais avec l’appui de plusieurs partenaires, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). L’objectif est de créer un maillage de surveillance le long du fleuve Congo, axe majeur de déplacement des personnes et des marchandises.
Cette initiative répond à un besoin concret : détecter rapidement les cas suspects et organiser la riposte dans des zones parfois difficiles d’accès. En associant les communautés riveraines, elle pourrait améliorer l’adhésion aux mesures de prévention, un point souligné par le pape dans son appel.
Le vaccin Ervebo, un espoir à l’étude
Jeudi 21 août, l’OMS a annoncé l’attribution de 70 000 doses du vaccin Ervebo. Ces doses serviront à protéger les professionnels de santé en première ligne et à mener un essai clinique visant à évaluer l’efficacité du vaccin contre la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Sur ce total, 20 000 doses seront utilisées dans le cadre d’un essai clinique de phase avancée.
L’objectif est de déterminer si le vaccin Ervebo peut protéger contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. Les 50 000 doses restantes seront destinées aux agents de première ligne et aux professionnels de santé exposés au risque de contamination. À ce jour, aucun vaccin ni traitement n’est officiellement homologué contre cette souche. Des données de laboratoire suggèrent toutefois qu’Ervebo pourrait offrir une certaine protection.
Cette annonce intervient dans un contexte où la riposte doit combiner plusieurs approches : la vaccination des personnels de santé, la surveillance épidémiologique et l’implication des communautés. L’appel du pape Léon XIV et les initiatives en cours à Kinshasa et le long du fleuve Congo illustrent la nécessité d’une réponse coordonnée et adaptée aux réalités locales.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
