AccueilActualitéÉconomieKalemie : la grève des stations-service fait flamber le prix de l’essence

Kalemie : la grève des stations-service fait flamber le prix de l’essence

La ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, fait face depuis quelques jours à une flambée du prix de l’essence. Dimanche 23 août 2026, le litre se négociait entre 12 500 et 15 000 francs congolais chez les revendeurs, alors qu’il coûtait environ 4 000 francs à la pompe avant la crise. Cette envolée, qui pèse lourdement sur les ménages, est la conséquence directe d’un mouvement de grève des stations-service.

Une grève déclenchée par la hausse de la taxe conventionnelle

Les responsables des stations-service de Kalemie ont cessé leurs activités pour protester contre la révision à la hausse de la taxe conventionnelle. Selon des sources locales, cette taxe serait passée de 6 millions à 25 millions de francs congolais. Le scellage de plusieurs stations par la Direction générale des recettes du Tanganyika (DGRTANG), pour non-paiement de cette taxe, a mis le feu aux poudres. En solidarité avec les établissements sanctionnés, les autres stations-service de la ville ont également fermé leurs portes depuis vendredi.

Le transport en commun, premier secteur touché

La conséquence la plus visible de cette pénurie organisée est la flambée du prix du transport en commun. Selon les itinéraires, les tarifs ont triplé, voire quadruplé. Un motocycliste exerçant dans le secteur témoigne de l’impact sur son activité : « Ils ont fermé leurs stations-service et nous achetons le litre d’essence à 10 000 francs. Et de quelle façon je peux transporter un client avec ce prix de carburants et m’en sortir avec l’argent du versement, de l’essence et l’argent pour les dépenses de la maison. Cela nous crée des complications avec les clients ».

Un appel à l’implication des autorités

Face à cette situation, la société civile appelle le Gouvernement et les opérateurs pétroliers à trouver un terrain d’entente. Nathan Mugisho, président de l’association Umoja ni Nguvu dans le Tanganyika, en appelle à l’implication des autorités. Selon lui, ces dernières devraient « appeler les opérateurs économiques, par conséquent les pétroliers, et écouter leurs desiderata pour qu’ils ouvrent les stations et que la population puisse avoir les transports à un coût acceptable. Mais, sinon c’est de la souffrance parce que même les denrées alimentaires pour entrer à Kalemie, ça devient difficile ».

Une crise aux répercussions économiques larges

Au-delà du transport, c’est toute l’économie locale qui est menacée. La difficulté d’acheminer les denrées alimentaires vers Kalemie, évoquée par Nathan Mugisho, laisse présager une hausse des prix des produits de première nécessité. Pour l’heure, aucune réaction de la Fédération des entreprises du Congo (FEC) n’a été enregistrée. La résolution de ce conflit entre les pétroliers et la DGRTANG apparaît comme un préalable indispensable pour éviter une aggravation de la crise sociale dans cette province déjà fragilisée.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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