La sixième édition du Congo Food Week a réuni, samedi 22 août 2026 à La Clé des Châteaux sur le Boulevard du 30 Juin à Kinshasa, des acteurs institutionnels, entrepreneuriaux et gastronomiques autour d’une ambition : faire du potentiel alimentaire et culinaire de la République Démocratique du Congo un levier de développement. Les panels ont mis en lumière les enjeux d’investissement, de financement et de structuration de la filière agroalimentaire.
Une plateforme de réflexion sur l’agroalimentaire
Créé en 2020, le Congo Food Week est porté par Congolicious Foundation, une organisation engagée dans la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire. Selon Fosh Don Divin, chargé des relations publiques de la fondation, cette édition marque un tournant : « Cette année, nous avons décidé de passer à une étape supérieure ». L’objectif est de dépasser la dimension festive pour ouvrir un espace de dialogue sur le développement de l’alimentation, de l’agroalimentaire et de l’agrobusiness.
La fondation intervient notamment auprès des populations vulnérables, en particulier dans les camps de personnes déplacées, et développe des initiatives comme des cantines scolaires. Pour ses responsables, la nourriture doit être considérée comme un enjeu social, économique et humain, et non uniquement comme un produit de consommation.
Isaac Mukendi appelle à la maîtrise de l’économie locale
Parmi les intervenants, Isaac Mukendi, bourgmestre adjoint de la commune de Limete, a consacré son intervention aux questions d’investissement et d’entrepreneuriat alimentaire. Il a souligné le potentiel économique de Limete, qui concentre selon lui une part importante des unités de production de la capitale. Mais il a aussi relevé un paradoxe : plusieurs de ces unités connaissent des difficultés ou disparaissent.
Face à ce constat, Isaac Mukendi a appelé à une prise de conscience, en particulier chez les jeunes entrepreneurs. « L’idée pour moi était de raviver la flamme au sein des jeunes entrepreneurs afin que nous soyons des maîtres de notre économie, en investissant davantage, mais aussi en comprenant les rouages », a-t-il déclaré. Son intervention visait à encourager la jeunesse à participer davantage à la construction de l’économie nationale.
Le financement, obstacle récurrent pour les entrepreneurs
Au-delà de l’appel à l’investissement, Isaac Mukendi a insisté sur une difficulté majeure : l’accès à l’information et au financement. De nombreux entrepreneurs souhaitent développer leurs activités mais ne disposent pas toujours des informations nécessaires sur les mécanismes de financement existants, les conditions d’accès ou les démarches à entreprendre.
Son intervention a donc consisté à partager son expérience et à fournir des pistes pour mieux comprendre l’environnement entrepreneurial. Pour lui, investir ne suffit pas : il faut aussi comprendre les mécanismes de l’économie, connaître les opportunités et savoir mobiliser les ressources disponibles.
Vers une structuration de la filière alimentaire
À travers ces échanges, le Congo Food Week affiche une ambition qui dépasse la célébration gastronomique. Le festival veut contribuer à la structuration d’un écosystème où production locale, transformation, entrepreneuriat, innovation et consommation se renforcent mutuellement. De la cuisine aux champs, des restaurants aux unités de production, l’enjeu est de créer davantage de valeur autour des produits rd-congolais.
Cette évolution traduit une conviction portée par les organisateurs : la gastronomie congolaise peut devenir une industrie à développer. En faisant dialoguer chefs, entrepreneurs, responsables publics et acteurs de la société civile, le Congo Food Week entend poser les bases d’une réflexion durable sur la souveraineté alimentaire et la valorisation du savoir-faire local.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Eventsrdc
