En Ituri, la question de l’allaitement maternel en période d’épidémie d’Ebola soulève des défis sanitaires majeurs. Le Programme national de nutrition (PRONANUT) a rappelé, à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel célébrée du 1er au 7 août 2026, que des nourrissons ont été contaminés par le virus pendant l’allaitement, et que d’autres en sont morts. Cette réalité impose une réflexion sur la protection des mères allaitantes et de leurs enfants.
Un risque de transmission dans les deux sens
Le lait maternel peut être un vecteur du virus Ebola. Selon le coordonnateur provincial du PRONANUT, Cosma Bakemwanga, la transmission peut se faire de la mère vers l’enfant, mais aussi de l’enfant vers la mère. Cette particularité rend la gestion de l’allaitement particulièrement délicate en contexte épidémique. « Pendant l’épidémie d’Ebola, le lait maternel est contre-indiqué. Lorsqu’une maman est affectée, il faut la séparer de son enfant pour éviter la contamination », a-t-il expliqué.
Des mesures de prévention inspirées du VIH
Face à ce risque, le PRONANUT recommande une prise en charge adaptée des femmes infectées et, dans certains cas, le sevrage des nourrissons. Cette approche s’inscrit dans une logique de prévention similaire à celle appliquée pour le VIH, également transmissible par l’allaitement. L’objectif est de réduire les risques de contamination tout en préservant la santé de l’enfant. En effet, le VIH et Ebola partagent cette particularité de pouvoir se transmettre par le lait maternel, ce qui a conduit les autorités sanitaires à adopter des protocoles de précaution pour les mères infectées.
Reprendre l’allaitement après la guérison
Cosma Bakemwanga souligne que la séparation n’est pas définitive. « Une fois la maladie soignée, la mère peut reprendre l’allaitement, qui reste un moyen incontournable pour la survie de l’enfant », a-t-il précisé. Cette indication est essentielle pour les familles : elle rappelle que l’allaitement maternel demeure une pratique vitale pour le développement et la protection des nourrissons, dès lors que la mère n’est plus contagieuse. La reprise de l’allaitement après guérison est donc encouragée, car le lait maternel apporte des nutriments essentiels et des anticorps qui protègent l’enfant contre d’autres maladies.
Le message du PRONANUT vise à informer les communautés sur les précautions à prendre en période d’épidémie, tout en réaffirmant l’importance de l’allaitement pour la survie des enfants. Une communication claire et des protocoles adaptés sont indispensables pour protéger les plus vulnérables. Les mères allaitantes doivent être accompagnées et informées des risques et des mesures à prendre, afin de préserver la santé de leurs enfants sans compromettre les bénéfices de l’allaitement maternel.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
