L’assemblée générale élective des sections de basketball, volleyball et handball du Daring Club Motema Pembe (DCMP), réunie le mercredi 18 août à l’hôtel Sultani à Kinshasa, a entériné une décision lourde de conséquences pour la vie du club. Quatre membres du conseil d’administration, dont l’ancien ministre des Sports et Loisirs Amos Mbayo, ont été radiés. Cette sanction collective, approuvée par 98 % des votants, révèle une fracture profonde au sein de l’une des institutions sportives les plus emblématiques de la capitale congolaise.
Au-delà des noms, c’est la nature du conflit qui interpelle. Les quatre membres radiés – Amos Mbayo, Pitchou Bolenge, Donat Liwoke et Blanchard Leba – se sont opposés à la démarche du conseil d’administration visant à mettre fin au mandat de Paul Kasembele et de son équipe à la tête du comité de direction, ainsi qu’à organiser de nouvelles élections à la coordination. Leur radiation apparaît donc comme une réponse disciplinaire à une dissidence interne, un choix qui soulève des questions sur la gouvernance et la place du débat contradictoire dans la gestion du club.
Une sanction massive qui interroge la gouvernance du DCMP
Le vote, qualifié de « sans appel » par les participants, a officialisé le départ de ces quatre administrateurs. Un tel niveau d’approbation – 98 % – peut être lu comme un signe de cohésion autour de la ligne majoritaire, mais il peut aussi susciter des interrogations sur les conditions dans lesquelles cette décision a été prise. Dans un club où les passions sont vives et où les enjeux de pouvoir ne sont jamais loin du terrain, la radiation de quatre membres en une seule assemblée est un événement rare, qui marque une rupture nette avec le passé récent.
Pour les supporters et les observateurs de la vie sportive kinoise, cette décision pose la question de la stabilité institutionnelle du DCMP. Le club, habitué aux joutes sportives, se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une bataille de gouvernance dont les répercussions pourraient dépasser les seuls organes dirigeants. La radiation d’Amos Mbayo, figure politique connue, donne à cette affaire une dimension qui dépasse le cadre strictement sportif.
Amos Mbayo, une figure politique au centre de la tourmente
Ancien ministre des Sports et Loisirs, Amos Mbayo n’est pas un inconnu dans le paysage congolais. Sa présence au conseil d’administration du DCMP liait le club à des réseaux politiques et institutionnels. Sa radiation, aux côtés de trois autres membres, peut être interprétée comme un signal fort envoyé à ceux qui contesteraient la ligne actuelle. Mais elle prive aussi le club d’une expertise et d’un carnet d’adresses potentiellement utiles dans un environnement où le sport et la politique sont souvent imbriqués.
La décision de l’assemblée générale élective des sections de basketball, volleyball et handball ne se limite pas à un simple règlement de comptes. Elle redessine les équilibres internes et pourrait influencer les prochaines échéances électorales du club. En mettant fin au mandat de Paul Kasembele et en préparant de nouvelles élections à la coordination, le conseil d’administration affiche sa volonté de tourner une page. Reste à savoir si cette page sera celle d’une gouvernance apaisée ou d’une nouvelle séquence de tensions.
Quel avenir pour le DCMP après cette radiation collective ?
La radiation de quatre membres du conseil d’administration est un acte fort, mais elle ne règle pas à elle seule les défis auxquels le DCMP est confronté. Le club doit désormais organiser de nouvelles élections à la coordination, un processus qui pourrait raviver les clivages ou, au contraire, permettre une clarification durable. Les supporters, attachés à l’identité vert et blanc, attendent des dirigeants qu’ils privilégient l’intérêt du club plutôt que les querelles de personnes.
Cette séquence révèle en tout cas une réalité : au DCMP, comme dans d’autres grandes institutions sportives congolaises, la gouvernance reste un champ de bataille où les ambitions personnelles et les logiques de pouvoir peuvent prendre le pas sur l’intérêt collectif. La radiation d’Amos Mbayo et de ses trois collègues est un épisode de plus dans une histoire mouvementée, mais elle pourrait aussi être le point de départ d’une refondation si les leçons en sont tirées.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: footrdc.com
