La rougeole continue de circuler activement dans l’est de la République démocratique du Congo. Entre janvier et le 19 juillet 2026, plus de 50 820 cas suspects ont été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, selon les données officielles citées par Médecins sans frontières (MSF) et consultées lundi 17 août 2026 par Radio Okapi. À l’échelle nationale, le pays a enregistré plus de 108 643 cas suspects et 1 394 décès sur la même période. Ces chiffres rappellent que la rougeole, maladie virale très contagieuse, reste une menace majeure pour les enfants non vaccinés, même lorsque d’autres crises sanitaires mobilisent l’attention.
La rougeole se transmet par la toux, les éternuements ou le contact avec des sécrétions nasales ou buccales. Elle provoque une forte fièvre, une éruption cutanée, une toux et une conjonctivite. Chez les jeunes enfants, elle peut entraîner des complications graves comme la pneumonie, la diarrhée sévère ou des lésions cérébrales. La vaccination reste le moyen le plus efficace de prévenir la maladie et de limiter sa propagation.
Une réponse sanitaire qui ne doit pas faiblir
MSF insiste sur la nécessité de maintenir une réponse simultanée aux différentes urgences sanitaires. L’organisation souligne que la mobilisation importante autour de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans l’Est de la RDC ne doit pas entraîner une diminution de l’attention et des moyens consacrés à la rougeole, au choléra ou au paludisme. Ces maladies continuent de tuer et de fragiliser des communautés déjà éprouvées par les déplacements et les difficultés d’accès aux soins.
Dans le cadre de sa réponse à la rougeole, MSF indique avoir mené six interventions dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Les plus récentes ont notamment eu lieu à Walikale, au Nord-Kivu, et à Shabunda, au Sud-Kivu. Selon l’organisation, ces actions ont permis de traiter plus de 12 050 patients et de vacciner plus de 283 000 enfants. Ces chiffres montrent l’ampleur des besoins, mais aussi la capacité des équipes à atteindre les populations lorsqu’elles disposent des ressources nécessaires.
Le choléra, autre urgence dans les deux Kivu
La rougeole n’est pas la seule maladie qui continue de menacer les populations des deux provinces. Selon les données citées par MSF, la RDC avait enregistré plus de 35 464 cas suspects de choléra et plus de 1 051 décès. Parmi ces notifications, 14 819 étaient concentrées au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Le choléra, infection bactérienne liée à l’eau contaminée, provoque des diarrhées aiguës et une déshydratation rapide pouvant être mortelle en quelques heures sans traitement.
La coexistence de plusieurs épidémies dans la même région complique la réponse humanitaire. Les équipes doivent adapter leurs stratégies pour éviter que la lutte contre une maladie ne se fasse au détriment d’une autre. MSF estime que ces différentes urgences sanitaires doivent continuer à faire l’objet d’une réponse simultanée, avec des moyens adaptés à chaque pathologie et à chaque zone.
Vaccination et accès aux soins : des priorités concrètes
Pour les familles, la vaccination contre la rougeole est un geste simple et gratuit dans la plupart des centres de santé soutenus par les organisations humanitaires. Les parents sont encouragés à faire vacciner leurs enfants dès l’âge de neuf mois, conformément au calendrier vaccinal national. En cas de fièvre et d’éruption cutanée, il est recommandé de consulter rapidement un centre de santé pour éviter les complications.
Les chiffres rapportés par MSF montrent que la rougeole reste une urgence de santé publique dans l’Est de la RDC. La poursuite des campagnes de vaccination et le renforcement de l’accès aux soins sont essentiels pour réduire le nombre de cas et de décès. La vigilance doit rester de mise, même lorsque d’autres crises sanitaires occupent le devant de la scène.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
