La position de Martin Fayulu sur le dialogue national suscite une contestation publique. John Kabamba Lumpungu, jeune leader politique, a réagi ce lundi 17 août à la condition posée par le président de l’ECiDé, qui exige la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa aux discussions.
Une lecture contradictoire de l’article 64
Dans une déclaration rendue publique, John Kabamba Lumpungu estime que Martin Fayulu fait une lecture contradictoire de l’article 64 de la Constitution. Selon lui, cette disposition consacre le devoir de tout Congolais de faire échec à toute personne qui prend le pouvoir par la force ou en violation de la Constitution. Or, le président de l’ECiDé réclame la participation de deux personnalités qu’il accuse lui-même d’être en contradiction avec ces principes.
Cette contradiction est au cœur de la critique formulée par le jeune leader. Il s’interroge sur la cohérence d’une démarche qui, d’un côté, invoque l’article 64 pour justifier la mobilisation citoyenne et, de l’autre, conditionne le dialogue à la présence d’acteurs dont le parcours est, selon lui, incompatible avec l’esprit de ce texte constitutionnel.
Joseph Kabila et Corneille Nangaa au centre des critiques
John Kabamba Lumpungu a présenté Joseph Kabila comme un ancien président dont le nom apparaît, selon lui, dans les rapports des experts des Nations unies concernant le conflit dans l’Est de la RDC. Il évoque également les condamnations judiciaires et les sanctions visant l’ancien chef de l’État. S’agissant de Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), il rappelle son rôle à la tête de l’AFC, mouvement politico-militaire allié au M23, ainsi que les sanctions et condamnations dont il fait l’objet.
Ces éléments, avancés par John Kabamba Lumpungu, visent à démontrer que les deux personnalités ne peuvent pas être considérées comme des interlocuteurs légitimes dans un processus censé restaurer la paix et la stabilité. Le jeune leader insiste sur la nécessité de ne pas banaliser les responsabilités présumées dans la crise sécuritaire qui affecte l’Est du pays.
Une condition préalable jugée incohérente
Pour John Kabamba Lumpungu, faire de la participation de ces deux personnalités une condition préalable au dialogue national revient à créer une contradiction avec les principes invoqués pour justifier ces discussions. Il va jusqu’à qualifier la « Coalition 64 » de « Confusion 64 », estimant que ses positions ne correspondent plus, selon lui, aux réalités sécuritaires et politiques du pays.
Cette qualification traduit une rupture nette avec la démarche de Martin Fayulu. Le jeune leader considère que la condition posée par le président de l’ECiDé affaiblit la crédibilité du dialogue national et détourne l’attention des véritables enjeux sécuritaires et institutionnels.
Appel à la mobilisation de la jeunesse
Par ailleurs, John Kabamba Lumpungu a appelé la jeunesse à demeurer mobilisée pour défendre l’intégrité territoriale et les institutions de la République, et à ne surtout pas banaliser les responsabilités présumées dans la crise sécuritaire à l’Est de la RDC.
Cet appel s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes et de débats sur la conduite du dialogue national. La position de John Kabamba Lumpungu illustre les divisions au sein de l’opposition et de la société civile sur les conditions préalables à toute discussion politique.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
