La relance du Centre International des Civilisations Bantu (CICIBA) s’est invitée au cœur d’une rencontre à Brazzaville entre la ministre congolaise de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, et le professeur Théophile Obenga, ancien directeur général de cette institution panafricaine. L’échange, tenu ce vendredi 14 août 2026, a porté sur la remobilisation des États membres, l’évolution de la gouvernance et le repositionnement du CICIBA comme référence pour l’étude et la promotion des civilisations bantu en Afrique et dans le monde.
Pour la République Démocratique du Congo, l’enjeu dépasse la simple diplomatie culturelle. Il s’agit de réaffirmer un rôle dans un espace commun dont Kinshasa avait déjà posé les jalons dès 1987, avec la mise en place d’une Commission nationale chargée d’assurer la liaison entre les institutions culturelles et scientifiques nationales et le Centre. Cette démarche, restée longtemps en veille, retrouve aujourd’hui une actualité à la faveur de la volonté affichée de relancer une institution créée le 8 janvier 1983 à Libreville, à l’initiative du feu président gabonais Omar Bongo Ondimba.
Un héritage scientifique à réactiver
Le professeur Théophile Obenga demeure une figure centrale de l’histoire du CICIBA. Ancien directeur général, il a contribué au rayonnement scientifique de l’institution, aujourd’hui dirigée par le professeur Antoine Manda Tchebwa. Sa rencontre avec Yolande Elebe Ma Ndembo symbolise la volonté de renouer avec une dynamique de recherche et de transmission des patrimoines bantu, longtemps fragilisée par le manque de mobilisation des États membres.
La question de la gouvernance a été au centre des discussions. Relancer le CICIBA suppose en effet de clarifier les responsabilités des pays signataires de la convention de 1983 et de redéfinir les mécanismes de financement et de coordination. Pour la RDC, l’enjeu est aussi de reconnecter les institutions culturelles et scientifiques nationales à un projet dont la portée dépasse les frontières.
Brazzaville et Kinshasa, un même espace culturel
En marge de cet échange, la ministre s’est entretenue avec Dieudonné Bantsimba, président du Conseil départemental et municipal et député-maire de Brazzaville, autour de l’initiative « Brazzaville-Kinshasa, Capitales africaines de la Culture 2026-2027 ». Les discussions ont porté sur la mise en place de programmations culturelles communes et d’activités labellisées entre les deux capitales.
Ce rapprochement entre les deux rives du fleuve Congo illustre une volonté de faire de la culture un levier d’intégration et de dialogue entre les peuples. Pour les citoyens des deux capitales, ces initiatives pourraient se traduire par des événements accessibles, des échanges artistiques et une visibilité accrue des expressions culturelles bantu.
Une relance aux implications concrètes
La relance du CICIBA ne se limite pas à une affaire de diplomatie. Elle engage la capacité des États à coopérer sur des projets de recherche, de préservation et de valorisation d’un patrimoine commun. Pour la RDC, réaffirmer son rôle dans cet espace culturel commun pourrait signifier un appui renforcé aux institutions nationales, une meilleure circulation des savoirs et une reconnaissance internationale des cultures bantu.
Reste à savoir si cette dynamique se traduira par des engagements concrets et des financements durables. La rencontre de Brazzaville marque une étape, mais la crédibilité de la relance dépendra de la capacité des États membres à transformer les intentions en actions coordonnées.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Eventsrdc
