AccueilActualitéSantéBeni : 200 déplacés pygmées manquent de tout à Boikene

Beni : 200 déplacés pygmées manquent de tout à Boikene

À Beni, dans la province du Nord-Kivu, 67 ménages de la communauté autochtone pygmée, soit environ 200 personnes, vivent dans des conditions précaires après avoir fui les violences attribuées aux ADF. Installées provisoirement sur le site de Boikene, ces familles font face à des besoins essentiels non couverts, notamment en nourriture, en abris et en soins de santé. Leur situation illustre les conséquences humanitaires directes des déplacements forcés sur les populations les plus vulnérables.

Un déplacement forcé qui aggrave la précarité alimentaire

Ces familles ont quitté leur site de Ngadi, en périphérie de Beni, après une attaque survenue fin mai. Avant ce déplacement, plusieurs membres de cette communauté dépendaient de la chasse pour se nourrir. Or, leur installation en milieu urbain rend cette pratique difficile, ce qui aggrave leurs difficultés quotidiennes. Une déplacée témoigne : « Nous dormons très mal. Pas de lit, ni de couverture. Nous n’avons pas de nourriture, les enfants dorment dehors. » Ce constat met en lumière la rupture des moyens de subsistance traditionnels et l’urgence d’une assistance alimentaire adaptée.

La perte de l’accès aux ressources naturelles, comme la chasse, prive ces ménages d’une source d’alimentation autonome. En ville, ils dépendent désormais d’une aide extérieure qui tarde à se matérialiser. Les enfants, particulièrement exposés, passent des nuits sans protection contre les intempéries, ce qui accroît les risques de maladies. Cette précarité alimentaire et matérielle pèse sur l’ensemble de la communauté, déjà fragilisée par le déracinement.

Des besoins sanitaires et éducatifs non satisfaits

L’accès aux soins de santé constitue une autre préoccupation majeure. Les familles disent manquer de médicaments et demandent aux autorités de trouver des solutions adaptées à leur situation. Sans traitement, les affections courantes peuvent s’aggraver, surtout chez les enfants et les personnes âgées. Par ailleurs, l’éducation des enfants figure parmi leurs priorités, à l’approche de la rentrée scolaire. Elles souhaitent la construction de salles de classe à proximité du site afin d’éviter que les enfants ne parcourent de longues distances et ne soient exposés aux risques liés à la circulation routière. Ces demandes traduisent une volonté de préserver la santé et l’avenir des plus jeunes malgré le déracinement.

La proximité d’une école réduirait les dangers du trajet et favoriserait la scolarisation. Actuellement, l’éloignement des établissements existants constitue un frein pour de nombreuses familles. En l’absence de solution, certains enfants risquent de manquer l’école, compromettant leur intégration sociale et leur développement à long terme.

Un appel à une assistance renforcée

Jackson Kisenga, défenseur des droits des personnes pygmées, appelle les autorités et les organisations humanitaires à renforcer leur assistance aux déplacés. « C’est une communauté qui a le droit de vivre comme tout autre peuple. C’est une minorité qui mérite d’être protégée et assistée », plaide-t-il. Selon les données communiquées, le site de Boikene accueille actuellement 67 ménages, dont 92 femmes et 112 enfants. Les familles demandent une assistance urgente pour répondre à leurs besoins alimentaires, sanitaires et éducatifs.

Cette situation rappelle que les déplacements liés aux conflits touchent de manière disproportionnée les communautés autochtones, dont les modes de vie sont étroitement liés à leur environnement d’origine. La réponse humanitaire doit donc tenir compte de ces spécificités pour être efficace. Sans une intervention rapide, les conditions de vie de ces familles risquent de se détériorer davantage, avec des conséquences durables sur leur santé et leur cohésion sociale.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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