Le gouvernorat du Nord-Kivu a appelé, mercredi 12 août, la population de Beni au calme et au dialogue, après deux journées de paralysie des activités économiques dans la ville. Les mouvements citoyens et groupes de pression locaux réclament notamment le retour de la paix et la libération d’un de leurs membres détenu à l’auditorat militaire.
Dans une déclaration rendue publique, la directrice de communication du gouverneur, Marie-Noëlle Kabuya, a invité les jeunes à privilégier les structures reconnues et les mécanismes institutionnels pour porter leurs revendications. « La rue n’accouche pas de solutions durables », a-t-elle déclaré, appelant à l’organisation au sein d’associations et de structures de jeunesse disposant de canaux légaux.
Un appel à la responsabilité collective face à la paralysie
L’exécutif provincial estime que la paralysie des activités économiques affecte particulièrement les populations vulnérables et les déplacés de guerre, dont certains dépendent des revenus journaliers pour subvenir à leurs besoins. Le gouvernorat invite ainsi les habitants de Beni à privilégier la concertation et la cohésion sociale, dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans la région.
Cette position s’inscrit dans une logique de prévention des risques sociaux. En effet, selon l’exécutif provincial, les actions susceptibles de paralyser les activités risquent d’aggraver les difficultés auxquelles sont déjà confrontées les populations affectées par la guerre. L’appel au calme vise donc à éviter une détérioration supplémentaire des conditions de vie des habitants, déjà éprouvés par l’insécurité.
Des revendications portées par les mouvements citoyens
Les journées de « ville morte » des 11 et 12 août ont été organisées par des mouvements citoyens et des groupes de pression locaux. Les manifestants réclament le retour de la paix dans la région et la libération de l’un de leurs membres détenu à l’auditorat militaire. L’exécutif provincial reconnaît la légitimité des revendications, mais insiste sur la nécessité de recourir aux voies légales.
La détention d’un membre des mouvements citoyens à l’auditorat militaire constitue un point de crispation. Le gouvernorat n’a pas commenté directement cette affaire, mais a souligné que les jeunes doivent s’organiser au sein d’associations et de structures de jeunesse disposant de canaux légaux pour adresser leurs plaidoyers aux décideurs. Cette position suggère une volonté de traiter les revendications dans un cadre institutionnel, sans pour autant remettre en cause les procédures judiciaires en cours.
Le recours aux mécanismes institutionnels encouragé
Pour le gouvernorat, les actions susceptibles de paralyser les activités risquent d’aggraver les difficultés auxquelles sont déjà confrontées les populations affectées par la guerre. Il appelle à un « sursaut de responsabilité collective » et au patriotisme, tout en encourageant le recours aux voies légales pour faire aboutir les revendications. La directrice de communication a souligné que les jeunes doivent s’organiser au sein d’associations et de structures de jeunesse disposant de canaux légaux pour adresser leurs plaidoyers aux décideurs.
L’appel du gouvernorat intervient dans un contexte où la région de Beni reste confrontée à une insécurité persistante. Les autorités provinciales semblent ainsi vouloir éviter que les mouvements de protestation ne fragilisent davantage une population déjà vulnérable. En privilégiant le dialogue et les mécanismes institutionnels, l’exécutif provincial cherche à maintenir un équilibre entre la reconnaissance des revendications et la préservation de l’ordre public.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
