Près de trois mois après la fermeture de la frontière de Kasindi-Lubiriha, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), le petit commerce transfrontalier reste fortement perturbé. La décision, prise par l’Ouganda fin mai pour limiter la propagation du virus Ebola, n’a pas été levée malgré l’annonce officielle de la fin de l’épidémie le 28 juillet. Sur les marchés locaux, l’approvisionnement en produits de base comme le poisson et la tomate devient plus difficile, obligeant les commerçants à recourir à des solutions de contournement.
Une fermeture maintenue malgré la fin de l’épidémie
La frontière de Kasindi-Lubiriha a été fermée par les autorités ougandaises dans le cadre des mesures sanitaires visant à freiner la propagation d’Ebola. Pourtant, le 28 juillet, l’Ouganda a déclaré la fin de l’épidémie après 42 jours sans nouveau cas. Cette annonce n’a pas entraîné la réouverture du poste-frontière, laissant les acteurs économiques dans l’incertitude. La persistance de cette mesure, alors que la menace sanitaire est officiellement écartée, pèse sur les échanges quotidiens entre les deux pays.
Des filières d’approvisionnement sous tension
Les conséquences se font sentir sur les étals des marchés de Kasindi. Le poisson et la tomate, deux denrées très consommées, deviennent plus rares. Les vendeurs de poisson, particulièrement touchés, empruntent désormais des passages non officiels pour se ravitailler en Ouganda. Cette pratique, risquée et non régulée, illustre la pression exercée sur les circuits commerciaux habituels. Pour les tomates, un système alternatif a été mis en place : un véhicule achemine les marchandises depuis l’Ouganda jusqu’à Kasindi, permettant aux commerçants de s’approvisionner sans franchir eux-mêmes la frontière.
Un commerce de survie qui ne remplace pas la normale
Ces mécanismes de contournement maintiennent un flux minimal d’échanges, mais ils ne compensent pas le fonctionnement normal du commerce transfrontalier. Les volumes traités sont réduits, les coûts augmentent et l’insécurité juridique liée aux passages informels fragilise les petits commerçants. L’absence de cadre officiel rend difficile toute planification et expose les acteurs à des pertes. La situation actuelle freine l’activité économique locale, déjà éprouvée par les crises sanitaires successives.
Quelles perspectives pour les commerçants de Kasindi ?
En l’absence de signal de Kampala sur une éventuelle réouverture, les commerçants de Kasindi doivent s’adapter à un environnement incertain. La levée de l’épidémie en Ouganda n’ayant pas suffi à normaliser la situation, la question de la coordination entre les deux pays pour la gestion des frontières en période post-épidémique se pose. Pour l’heure, les solutions de fortune restent le seul recours pour maintenir un approvisionnement minimal, mais elles ne sauraient constituer une réponse durable aux besoins des populations.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
