AccueilActualitéJusticeKongo-Central : six décès suspects au cachot de Boko, le choléra redouté

Kongo-Central : six décès suspects au cachot de Boko, le choléra redouté

Six détenus ont perdu la vie en moins d’une semaine au cachot de Boko, dans le territoire de Mbanza-Ngungu au Kongo-Central. Les autorités sanitaires locales suspectent une possible épidémie de choléra, une maladie déjà présente dans la zone, dans un contexte de surpopulation carcérale critique. Cette situation met en lumière les risques sanitaires liés aux conditions de détention et suscite une vive inquiétude parmi la population et les acteurs locaux.

Une surpopulation qui double les risques sanitaires

Le cachot de Boko dispose de trois cellules d’environ quinze mètres carrés chacune, conçues pour accueillir près de 70 personnes. Or, elles hébergent actuellement environ 134 détenus, soit presque le double de leur capacité. Cette promiscuité favorise la propagation rapide des maladies infectieuses, en particulier lorsque l’accès à l’eau et à l’assainissement fait défaut. Victor Nzuzi Mbembe, membre de la société civile de Boko, décrit une situation alarmante : « Nous sommes allés avec le chef de secteur, mais quelle surpopulation ! (…) Il n’y a pas d’eau, pas de toilettes. Donc c’est inhumain ce qui se passe dans ce cachot. » Il souligne également que la présence de nombreux militaires parmi les détenus aggrave l’engorgement des cellules et plaide pour leur transfert vers des structures pénitentiaires adaptées.

Le choléra, une piste privilégiée par les autorités sanitaires

Face à ces décès, le médecin-chef de la zone de santé de Boko-Kivulu, le docteur Mbombolo Kangi Obéis, a dépêché une équipe médicale pour évaluer la situation. Les premiers constats orientent les investigations vers une contamination au choléra. « Nous avons davantage suspecté un cas de choléra dans ce cachot, étant donné que notre zone de santé est déjà en épidémie de choléra », explique-t-il. Le choléra est une infection diarrhéique aiguë causée par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés. Sans traitement rapide, elle peut entraîner une déshydratation sévère et la mort en quelques heures. Dans un environnement confiné et insalubre comme celui du cachot, le risque de transmission est particulièrement élevé.

Des mesures d’urgence pour contenir la menace

En réponse à cette alerte, les détenus ont reçu une chimioprophylaxie à la doxycycline, un antibiotique utilisé pour prévenir certaines infections bactériennes. Les autorités sanitaires ont également annoncé la désinfection des locaux et l’aménagement d’un espace destiné à la prise en charge d’éventuels cas. Ces interventions visent à interrompre la chaîne de transmission et à protéger les personnes détenues. Cependant, les analyses se poursuivent pour confirmer l’origine exacte des décès. En attendant, les familles et les acteurs locaux réclament des mesures urgentes pour réduire la surpopulation, améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, et prévenir la propagation de maladies dans le cachot de Boko.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Are you human? Please solve:Captcha


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Sécurité, dialogue national et finances publiques : les enjeux du 20 septembre 2026

L'armée congolaise poursuit son offensive vers Minembwe, le dialogue national s'annonce sous un format inédit, et la Patrouille financière affiche un bilan chiffré. Retour sur les faits marquants du jour.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques