La scène politique congolaise s’enrichit d’une nouvelle coalition, l’Opposition républicaine (OPR26), dont la charte a été signée ce vendredi 7 août 2026 à Kinshasa. Derrière cette initiative menée par le sénateur Jean-Claude Baende Etafe Eliko, se dessine une recomposition des forces d’opposition, qui interroge sur la capacité de ce regroupement à peser dans les débats nationaux et à répondre aux attentes des citoyens.
Une opposition qui choisit le dialogue plutôt que la confrontation
Dès son lancement, OPR26 a affiché une ligne claire : rompre avec une opposition de confrontation pour privilégier le dialogue et la proposition. « La RDC n’a pas besoin d’une opposition de confrontation, voire une opposition radicale sans fondement. Elle a besoin d’une opposition capable de proposer, de dialoguer, d’anticiper, de prévenir les crises et d’accompagner les grandes réformes », a déclaré Dolly Mwanza, coordonnateur adjoint de la plateforme. Cette posture, qui se veut constructive, pourrait séduire une partie de l’électorat lassée des blocages politiques, mais elle soulève aussi la question de l’indépendance réelle de cette coalition face au pouvoir en place.
Le dialogue national comme premier test de crédibilité
La plateforme a salué l’annonce par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’un dialogue national pour lutter notamment contre l’agression dont est victime la RDC. Jean-Claude Baende a justifié cette adhésion par un impératif patriotique : « Il y a nécessité pour les fils et filles de la RDC de s’asseoir autour d’une même table pour trouver un remède. L’heure n’est plus aux divisions inutiles mais au sursaut national et patriotique. » En annonçant sa participation, OPR26 entend apporter sa contribution aux défis sécuritaires et institutionnels. Mais pour les citoyens, la crédibilité de cette démarche se mesurera à sa capacité à obtenir des avancées concrètes, au-delà des déclarations d’intention.
Une coalition aux portes ouvertes, mais quel poids politique ?
OPR26 est portée par cinq acteurs politiques : Jean-Claude Baende (ADH), Monique Mukuna (RDC Nouvel horizon), Dolly Mwanza (NOGEC), John Nkudia (COPACO) et Rabby Kulambe. La plateforme a annoncé que ses portes sont ouvertes à d’autres partis et mouvements citoyens. Cette ouverture pourrait élargir sa base, mais elle pose aussi la question de sa cohésion interne et de sa représentativité. Dans un paysage politique fragmenté, le défi sera de transformer cette alliance en une force capable de porter une voix audible et de défendre des propositions concrètes pour améliorer le quotidien des Congolais.
En définitive, l’émergence d’OPR26 illustre une volonté de renouveler les pratiques de l’opposition en RDC, en misant sur le dialogue et la responsabilité. Reste à savoir si cette stratégie permettra de répondre aux urgences sociales et sécuritaires, ou si elle se limitera à un repositionnement tactique dans le jeu politique congolais.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
