À Kinshasa, l’absence criante de toilettes publiques transforme le quotidien de milliers d’habitants en un parcours du combattant. Dans les artères les plus fréquentées de la capitale, des citoyens sont contraints à des extrémités humiliantes, faute d’infrastructures sanitaires accessibles. Ce constat, loin d’être anecdotique, révèle une défaillance profonde des services urbains et interroge la responsabilité des pouvoirs publics face à un besoin pourtant élémentaire.
Un témoignage qui illustre une détresse quotidienne
Un habitant de Kinshasa a confié à Radio Okapi une expérience qui en dit long sur l’ampleur du problème. « J’étais allé un jour au centre-ville. J’ai ressenti le besoin de me soulager, mais faute de toilettes publiques, j’ai fait mes besoins dans mes habits », a-t-il raconté, encore marqué par cette humiliation. Pour lui, cette situation n’a rien d’un incident isolé : « Le manque de toilettes publiques à Kinshasa est très compliqué. Il n’y en a pas. » Ce récit met en lumière la vulnérabilité des personnes qui passent de longues heures loin de chez elles – commerçants, usagers des transports, travailleurs – et qui n’ont d’autre choix que de subir les conséquences de cette carence.
Des zones stratégiques laissées sans solution
Le problème est particulièrement visible sur les grands axes de la ville. Le boulevard du 30-Juin à la Gombe, les boulevards Triomphal, Sendwe et Lumumba, ou encore les abords des ronds-points Kintambo, Victoire et Ngaba : dans ces lieux de passage intense, parcourir de longues distances sans trouver le moindre sanitaire est devenu la norme. Cette absence d’infrastructures ne pénalise pas seulement le confort des usagers ; elle crée une inégalité flagrante dans l’accès à un service de base, renforçant le sentiment d’abandon chez les citoyens.
L’hygiène publique, victime collatérale du manque d’équipements
Au-delà de la gêne individuelle, la rareté des toilettes publiques pose un risque sanitaire collectif. Sans installations adéquates, les espaces publics deviennent le réceptacle de pratiques insalubres, avec des conséquences directes sur la propreté des rues et la santé des habitants. Les appels à la construction de sanitaires dans les marchés, les gares et les grands carrefours ne relèvent donc pas d’un simple confort, mais d’une nécessité pour préserver l’hygiène en milieu urbain. Les citoyens réclament aussi un entretien régulier, ce qui suppose une implication durable des services compétents.
Quelle réponse des autorités face à une attente pressante ?
Face à ce constat, l’habitant interrogé par Radio Okapi a lancé un appel clair : « L’État devrait prendre ses responsabilités et construire des sanitaires publics pour aider les gens à se soulager en cas d’urgence ou de besoin naturel. » Cette interpellation met les autorités devant leurs obligations en matière d’aménagement urbain. Si des initiatives ponctuelles ont pu exister par le passé, elles restent largement insuffisantes au regard de l’étendue des besoins. La question des toilettes publiques à Kinshasa n’est pas qu’une affaire d’infrastructures ; elle touche à la dignité des personnes et à la capacité de la ville à offrir un cadre de vie décent à tous ses habitants.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
