AccueilActualitéPolitiqueUDPS : Augustin Kabuya rejette l’échec du régime et prépare un référendum...

UDPS : Augustin Kabuya rejette l’échec du régime et prépare un référendum constitutionnel

La matinée politique de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), tenue ce vendredi 7 août à Kinshasa, a été le théâtre d’une mise au point du secrétaire général Augustin Kabuya. Face aux critiques grandissantes sur le bilan du régime, il a rejeté l’idée d’un échec, la qualifiant de « mensonge ». Une déclaration qui soulève une question centrale : qui gouverne réellement la République démocratique du Congo, et avec quelles conséquences pour les citoyens ?

Augustin Kabuya a tenu à rappeler que le pouvoir actuel n’est pas celui de l’UDPS seule, mais celui de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir. « J’entends souvent des gens dire que le pouvoir de l’UDPS nous a déçus, tantôt que le régime de l’UDPS a échoué. C’est un gros mensonge, car l’UDPS ne gère pas seule le pays », a-t-il déclaré. Pour lui, la configuration institutionnelle issue de la Constitution actuelle dilue la responsabilité du parti présidentiel, puisque le Premier ministre est nommé au sein de la majorité parlementaire, et non directement par le chef de l’État.

Un pouvoir partagé qui dilue la responsabilité

Cette clarification intervient dans un contexte de mécontentement social persistant. En rejetant la faute sur la structure de l’Union sacrée, le secrétaire général de l’UDPS cherche à déplacer le débat : le bilan mitigé ne serait pas imputable à son parti, mais à un système de gouvernance contraint par la loi fondamentale. Une posture qui interroge sur la capacité de la coalition à répondre aux attentes de la population, alors que les défis socio-économiques restent immenses.

Augustin Kabuya a également pointé du doigt la présence, au sein du gouvernement, de personnalités qui « n’ont rien de l’UDPS ». Cette affirmation met en lumière les tensions internes à l’Union sacrée et la difficulté à incarner une action politique cohérente. Pour le citoyen ordinaire, cette dilution du pouvoir se traduit souvent par une impression d’immobilisme, où les responsabilités semblent se perdre dans les méandres des alliances politiques.

Changer la Constitution pour gouverner autrement

Face à ce constat, la solution prônée par Augustin Kabuya est radicale : changer la Constitution. « C’est la raison pour laquelle nous allons tout faire pour changer cette Constitution afin de nous donner pleinement le pouvoir et faire changer encore plus ce pays », a-t-il affirmé. L’objectif affiché est de permettre au Président de la République d’assister à une matinée politique de son parti, une activité actuellement interdite par le texte fondamental. Mais derrière cette revendication symbolique se profile un enjeu bien plus large : la concentration du pouvoir exécutif.

Cette volonté de réforme constitutionnelle n’est pas nouvelle, mais elle prend un relief particulier avec la validation récente, par la Cour constitutionnelle, de la loi sur le référendum. Augustin Kabuya s’en est réjoui et a appelé les militants à se tenir prêts à voter « Oui » lors d’une éventuelle consultation populaire. Une perspective qui pourrait redessiner les équilibres institutionnels et, à terme, modifier profondément la vie politique congolaise.

Un référendum aux implications concrètes pour les Congolais

L’appel à un référendum constitutionnel ne concerne pas seulement les jeux de pouvoir au sommet de l’État. Il engage directement les citoyens, qui seront appelés à se prononcer sur l’avenir de leurs institutions. La question est de savoir si une modification de la Constitution permettra réellement de répondre aux urgences sociales : accès à l’eau, à l’électricité, à l’emploi, à la sécurité. Rien dans les déclarations d’Augustin Kabuya ne lie explicitement la réforme à ces préoccupations quotidiennes, ce qui pourrait nourrir un scepticisme légitime.

En attendant, la mobilisation des militants de l’UDPS est présentée comme un préalable indispensable. Le secrétaire général a insisté sur la nécessité de se préparer à voter, signe que le parti compte sur sa base pour légitimer un processus qui ne fait pas l’unanimité. Pour l’opposition et une partie de la société civile, cette initiative est perçue comme une manœuvre visant à renforcer le pouvoir en place, au détriment des contre-pouvoirs.

La matinée politique de Kinshasa a ainsi mis en lumière une stratégie en deux temps : d’abord, dédouaner l’UDPS du bilan actuel en invoquant le partage du pouvoir ; ensuite, préparer le terrain pour une réforme constitutionnelle qui offrirait, selon Augustin Kabuya, les moyens de « faire changer encore plus ce pays ». Reste à savoir si cette promesse de changement trouvera un écho auprès d’une population lasse des discours et en attente de résultats tangibles.

Article Ecrit par Chloé Kasong

Source: actu30.cd

Commenter
Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
Actualité Liée

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Are you human? Please solve:Captcha


Actualité Populaire Liée

Actualité Populaire RDC

Résumé de l'actualité quotidienne

Le Debrief du Jour : les actualités majeures en RDC ce 28/07/2026

Le Debrief du Jour résume les principales actualités publiées par CongoQuotidien ce 28/07/2026. Sécurité, justice, économie et santé : retrouvez les faits marquants et leurs implications pour la RDC.

Derniers Appels D'offres

Derniers Guides Pratiques