Deux patients ont quitté le Centre de traitement d’Ebola (CTE) de Katwa, à Butembo, ce vendredi 7 août 2026, après avoir été déclarés guéris de la maladie à virus Ebola. Il s’agit d’une infirmière et d’un nourrisson de huit mois, dont la sortie a été saluée comme un signal encourageant dans la lutte contre l’épidémie au Nord-Kivu. Cette double guérison rappelle que, malgré la gravité de la maladie, une prise en charge rapide peut sauver des vies.
Une guérison qui illustre l’importance d’une prise en charge précoce
La guérison de ces deux patients met en lumière un principe clé de la riposte : plus un cas suspect est pris en charge tôt, meilleures sont les chances de survie. L’infirmière et la mère du bébé ont elles-mêmes insisté sur ce point à leur sortie du centre. « Lorsqu’on arrive tôt au CTE, on a aussi la chance de guérir », ont-elles déclaré, selon des propos rapportés. Ce message est d’autant plus crucial que la maladie à virus Ebola progresse rapidement dans l’organisme, et que chaque heure compte pour limiter les dégâts sur les organes vitaux. En effet, le virus attaque le système immunitaire et peut entraîner une défaillance multiviscérale en quelques jours. Une admission précoce permet aux équipes médicales de stabiliser le patient, de corriger la déshydratation et de prévenir les complications. Pour les familles, comprendre ce mécanisme peut faire la différence entre la vie et la mort.
Le CTE de Katwa, un dispositif appuyé par MEDAIR
Le centre de traitement de Katwa est installé dans l’enceinte de l’Hôpital général de référence de la localité. Il bénéficie d’un appui financier de l’ONG MEDAIR, qui intervient dans la riposte contre Ebola. Ce type de structure spécialisée permet d’isoler les patients, de leur administrer des soins de support – réhydratation, maintien des fonctions vitales – et de limiter la transmission du virus. La présence d’une infirmière parmi les personnes guéries rappelle aussi que les soignants sont en première ligne et que leur protection reste une priorité. Les professionnels de santé sont exposés à un risque élevé de contamination, d’où l’importance des équipements de protection individuelle et des protocoles stricts dans les CTE. Le soutien de partenaires comme MEDAIR contribue à maintenir ces standards et à renforcer la confiance des communautés dans le système de santé.
Sensibilisation et confiance, piliers de la riposte
Les témoignages des deux survivantes interviennent dans un contexte où la sensibilisation demeure essentielle. Accepter le transfert vers un CTE dès l’apparition de symptômes suspects – fièvre, vomissements, diarrhée, saignements – peut sauver des vies et freiner la propagation du virus. Les autorités sanitaires et les partenaires multiplient les messages pour encourager la population à signaler rapidement tout cas suspect, sans stigmatisation ni peur. La guérison de l’infirmière et du bébé de huit mois montre que la maladie n’est pas une fatalité et que les traitements disponibles, bien que limités, peuvent être efficaces lorsqu’ils sont administrés à temps. Pour les habitants de Butembo et des zones environnantes, ces exemples concrets sont une raison d’espérer et de faire confiance aux équipes de riposte. Chaque personne guérie devient un messager de l’espoir, capable de briser les rumeurs et d’encourager les comportements protecteurs. La lutte contre Ebola ne se gagne pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi dans les foyers, par le dialogue et l’adhésion aux mesures de prévention.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
