La découverte d’un fœtus dans la rivière Kalinda, à Beni au Nord-Kivu, le mardi 04 août 2026, a suscité une vive réaction du Réseau d’accompagnement des femmes et filles pour un leadership émergent (RAFFLE). L’organisation demande l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur cet acte, qu’elle condamne fermement. Cet événement met en évidence les risques liés aux avortements clandestins dans une région fragilisée par une crise sécuritaire et humanitaire persistante.
Un appel à enquêter pour établir les responsabilités
Selon RAFFLE, il est impératif que les autorités compétentes déterminent les circonstances exactes de cette affaire et identifient les éventuelles responsabilités. L’organisation insiste sur la nécessité de comprendre comment un tel acte a pu se produire, afin d’éviter qu’il ne se répète. La découverte du fœtus dans un cours d’eau public soulève des questions sur les conditions dans lesquelles les femmes et les filles de Beni font face à des grossesses non désirées.
Le cadre légal de l’avortement en RDC
Charline Masika Wakine, chargée de communication de RAFFLE, a rappelé que l’interruption volontaire de grossesse est encadrée par la législation congolaise. « Nous rappelons aux femmes et filles de Beni que l’avortement est un acte puni par la loi », a-t-elle déclaré. Cette mise au point vise à dissiper toute confusion sur la légalité de ces pratiques. L’organisation souligne que la prévention des grossesses non désirées doit primer, en encourageant les jeunes filles à solliciter des conseils auprès des agents de santé, des assistants psychosociaux et des structures de défense des droits des femmes.
Prévenir plutôt que guérir : le rôle de l’accompagnement
Plutôt que de recourir à des solutions dangereuses, RAFFLE invite les jeunes filles à privilégier la prévention. « Au lieu de prévenir un avortement, il y a lieu de prévenir la grossesse en demandant des conseils », a insisté Charline Masika Wakine. Cette approche met l’accent sur l’accès à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive. L’organisation plaide pour un renforcement de l’accompagnement psychosocial, particulièrement pour les adolescentes en situation de vulnérabilité.
Le poids du contexte sécuritaire sur la santé des femmes
RAFFLE estime que les grossesses non désirées et les avortements clandestins sont favorisés par le contexte de crise qui affecte le territoire de Beni. L’insécurité persistante et les déplacements de population limitent l’accès aux soins et exposent davantage les femmes aux violences basées sur le genre. L’organisation appelle donc à un renforcement de la prévention de ces violences et à un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive. Elle insiste sur la nécessité d’une prise en charge digne des femmes et des filles confrontées à ces difficultés, en impliquant les communautés, les autorités et les acteurs de protection.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
