Le ministre intérimaire de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, a lancé un ultimatum aux débiteurs du Fonds de promotion de l’industrie (FPI). Lors d’une déclaration le lundi 3 août, il a fixé un délai de 30 jours pour régulariser une ardoise estimée à près de 350 millions de dollars américains. Cette somme, qualifiée de créances en souffrance, représente un manque à gagner critique pour le financement de nouveaux projets industriels en République démocratique du Congo.
L’opération vise à mobiliser des ressources publiques indispensables. Selon le ministre, ces fonds doivent servir à financer des études de faisabilité et l’implantation d’unités industrielles à travers le pays. Le message est clair : sans recouvrement, le développement industriel reste entravé.
Un portefeuille de 350 millions de dollars en souffrance
Le FPI, établissement public chargé de soutenir l’industrialisation, fait face à un défi de taille. Justin Kalumba a révélé que le portefeuille de créances non recouvrées atteint près de 350 millions de dollars. Ces impayés concernent aussi bien des entreprises que des particuliers ayant bénéficié de financements publics. Le ministre a insisté sur l’urgence de la situation : « Nous avons trouvé un portefeuille de près de 350 millions de dollars qui est en souffrance en termes de recouvrement au FPI. »
Ce montant colossal illustre une difficulté structurelle dans la gestion des fonds alloués à l’industrie. Pour le gouvernement, il s’agit de mettre fin à ce qu’il considère comme une « culture de la gratuité » qui freine les ambitions économiques du pays.
Un délai de 30 jours pour éviter les poursuites
Les débiteurs disposent d’un mois pour se manifester auprès du FPI. Le ministre les exhorte à faire preuve de bonne foi en payant une partie de leur dette et en négociant un échéancier pour le solde. « Allez auprès du FPI, montrez votre bonne foi en payant une partie et obtenez un échelonnement du reste », a-t-il déclaré. Cette démarche volontaire est présentée comme une opportunité d’éviter des mesures coercitives.
Passé ce délai, la tolérance prendra fin. Justin Kalumba a prévenu que les dossiers des récalcitrants seront transmis aux services compétents pour un recouvrement forcé. « Le recouvrement forcé va commencer à l’issue de ces 30 jours… Nous allons être sans pitié », a-t-il averti. Cette fermeté vise à responsabiliser les bénéficiaires de fonds publics et à restaurer la crédibilité du FPI.
Financer l’industrie nationale : un enjeu concret
Au-delà de la pression sur les débiteurs, l’objectif est de dégager des moyens pour des projets structurants. Le ministre a expliqué que les sommes recouvrées serviront à financer des études de faisabilité et l’implantation d’unités industrielles. Ces investissements sont essentiels pour diversifier l’économie congolaise, encore trop dépendante des matières premières.
Pour les ménages et les entreprises, cela pourrait se traduire par la création d’emplois et l’émergence de filières locales de production. Le recouvrement des créances du FPI n’est donc pas une simple opération comptable : il conditionne la capacité de l’État à soutenir des initiatives industrielles concrètes.
Une opération pour rompre avec la « culture de la gratuité »
Le gouvernement entend profiter de cette campagne pour changer les mentalités. En insistant sur le remboursement des fonds publics, il veut instaurer une discipline financière chez les acteurs économiques. La « culture de la gratuité » dénoncée par le ministre renvoie à une pratique où les prêts publics sont perçus comme des subventions non remboursables.
Cette approche plus rigoureuse pourrait assainir la gestion du FPI et rassurer les partenaires techniques et financiers. À terme, un FPI mieux doté et plus crédible serait en mesure de jouer pleinement son rôle de catalyseur du développement industriel. L’ultimatum de 30 jours marque ainsi un tournant dans la politique de recouvrement, avec des conséquences potentielles pour l’ensemble du tissu économique congolais.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
