La zone de santé de Tchomia, dans la province de l’Ituri, fait face à une flambée d’Ebola particulièrement meurtrière. Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai dernier, 25 personnes sont décédées sur 41 cas confirmés, soit un taux de létalité de 61 %. Ces chiffres, communiqués dimanche 2 août par le médecin-chef de la zone, le docteur Erve Bavi, illustrent la gravité de la situation dans cette localité riveraine du lac Albert.
Un taux de létalité élevé expliqué par des retards de prise en charge
Le taux de létalité de 61 % enregistré à Tchomia s’explique en grande partie par l’arrivée tardive des patients dans les structures de santé. Selon le docteur Erve Bavi, de nombreuses personnes infectées ne consultent qu’à un stade avancé de la maladie, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie. Plus inquiétant encore, plusieurs malades décèdent au sein de leurs communautés avant même d’avoir été diagnostiqués, augmentant ainsi le risque de propagation du virus.
Le relâchement communautaire et l’automédication pointés du doigt
Le médecin-chef de la zone de santé de Tchomia a identifié deux obstacles majeurs à une riposte efficace : le relâchement communautaire et l’automédication. « Le relâchement communautaire et l’automédication ne nous aident pas à intervenir à temps pour une bonne prise en charge des malades », a-t-il déclaré. Ces comportements retardent le diagnostic et l’isolement des patients, deux mesures pourtant essentielles pour briser la chaîne de transmission du virus Ebola.
Un laboratoire mobile pour accélérer le diagnostic
Pour renforcer la réponse sur le terrain, les équipes de riposte ont récemment installé un laboratoire mobile à Tchomia. Cette infrastructure vise à réduire le délai de confirmation des infections et à orienter plus rapidement les patients vers le centre de traitement local. Les autorités sanitaires espèrent que ce dispositif permettra d’améliorer la prise en charge et de freiner la propagation du virus dans cette zone particulièrement exposée.
La sensibilisation, clé de la lutte contre l’épidémie
Face à la persistance de certaines croyances et à la négation de l’existence de la maladie, les autorités sanitaires multiplient les actions de sensibilisation. L’objectif est d’encourager la population à signaler rapidement les cas suspects et à se rendre sans délai dans les centres de santé en cas de symptômes. La mobilisation collective est jugée indispensable pour endiguer l’épidémie, car sans l’adhésion des communautés aux mesures de prévention et de prise en charge, les efforts de riposte risquent de rester vains.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
