Des bougies allumées et des croix symboliques plantées dans l’espace vert de la 4ᵉ Rue, à Limete, Kinshasa : la commémoration du Génocide congolais pour des gains économiques (GÉNOCOST) a pris une dimension mémorielle forte ce dimanche 2 août. Organisée par des mouvements citoyens comme la LUCHA et Filimbi, aux côtés d’organisations de la société civile et du Conseil national de la jeunesse (CNJ-RDC), la cérémonie a rendu hommage aux millions de victimes des violences persistantes dans l’Est de la RDC.
Un rassemblement pour honorer les disparus
Les participants ont observé des moments de méditation, écouté des témoignages de survivants et assisté à des prestations de slam. Ces gestes visaient à exprimer la solidarité envers les familles endeuillées et à maintenir vivante la mémoire des victimes. La plantation de croix et l’allumage de bougies ont constitué le cœur symbolique de cette journée nationale instituée pour reconnaître les souffrances liées aux conflits armés. La cérémonie s’est déroulée dans un climat de recueillement, chaque élément du programme étant conçu pour rappeler l’ampleur des pertes humaines et la nécessité de ne pas oublier. Les organisateurs ont insisté sur le caractère inclusif de cette commémoration, ouverte à tous ceux qui souhaitent manifester leur soutien aux communautés affectées.
Carbone Beni appelle à la justice
Le militant pro-démocratie Carbone Beni a pris la parole pour rappeler l’urgence de mettre fin aux violences. « Aujourd’hui, nous sommes le 2 août. Nous commémorons nos morts et nous disons que les meurtres doivent cesser. Il faut que justice soit rendue aux personnes tuées et violées. Les victimes ne sont plus seules », a-t-il déclaré. Son intervention a souligné la double dimension de cette journée : mémoire et exigence de responsabilité. Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts de documentation des crimes et de soutien aux survivants, sans lesquels la reconnaissance du GÉNOCOST resterait incomplète. La présence de Carbone Beni, figure connue du militantisme pro-démocratie, a renforcé la portée symbolique de l’événement, en liant le devoir de mémoire à l’action citoyenne.
Un plaidoyer pour la reconnaissance du GÉNOCOST
Les organisateurs ont réaffirmé leur engagement en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et de la reconnaissance officielle du GÉNOCOST. La cérémonie s’inscrit dans un plaidoyer continu porté par la société civile congolaise pour documenter les crimes économiques et les violences de masse. Aucune annonce institutionnelle n’a été rapportée lors de ce rassemblement, qui reste un acte citoyen de mémoire et de pression. La LUCHA, Filimbi et le CNJ-RDC ont ainsi marqué leur détermination à maintenir cette cause dans l’espace public, en attendant des avancées concrètes sur le plan judiciaire et politique. La commémoration du 2 août, bien que nationale, demeure largement portée par les initiatives de la société civile, qui appelle les autorités à prendre des mesures effectives pour la reconnaissance et la réparation des préjudices subis par les populations de l’Est.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
