Le gouvernement congolais projette de porter les recettes propres de l’État à 18 milliards de dollars américains dès 2027, contre 15,3 milliards attendus en 2026. Cette ambition, dévoilée par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, lors des conférences budgétaires ouvertes le 31 juillet 2026 à Kinshasa, repose sur une trajectoire de croissance soutenue des recettes publiques. Concrètement, cela signifie que l’État compte mobiliser davantage de ressources internes pour financer ses politiques, sans recourir excessivement à l’endettement. Pour le citoyen, cet objectif pourrait se traduire par une amélioration des services publics si les fonds sont effectivement collectés et bien alloués.
Une progression annuelle de 14 % visée pour 2027
Selon les projections présentées au Centre financier de Kinshasa, le budget 2027 s’inscrit dans une dynamique pluriannuelle. Le taux de progression des recettes est fixé à 14 % pour l’exercice à venir, contre 12,5 % pour l’année en cours. Cette accélération doit se poursuivre avec une moyenne de 15 % entre 2028 et 2030, puis dépasser 17 % à l’horizon 2035. Adolphe Muzito a expliqué que cette montée en puissance permettrait d’atteindre 21 milliards de dollars en 2028, puis 40 milliards en 2035. Ces chiffres traduisent la volonté de faire correspondre les recettes au potentiel fiscal réel du pays, souvent sous-exploité.
Les régies financières appelées à maximiser les recettes
Pour concrétiser ces ambitions, le vice-Premier ministre a insisté sur la nécessité de respecter les principes budgétaires édictés par la loi relative aux finances publiques. Il a invité les régies financières et les services d’assiette à déployer des efforts de maximisation des recettes. Cela implique une meilleure collecte des impôts, taxes et droits de douane, mais aussi une lutte plus efficace contre la fraude et l’évasion fiscales. L’enjeu est de taille : sans une administration fiscale performante, les objectifs de recettes resteront théoriques, et les dépenses publiques continueront de dépendre de financements extérieurs ou de la planche à billets, avec des conséquences inflationnistes pour les ménages.
Un cadre de « vérité budgétaire et de responsabilité »
Lors de l’ouverture des travaux, qui dureront dix jours, Adolphe Muzito a appelé les participants à faire de ces assises un cadre de « vérité budgétaire et de responsabilité ». Cette formule souligne la nécessité d’élaborer un budget réaliste, fondé sur des prévisions sincères et non sur des promesses intenables. Les concertations entre le ministre du Budget et les différents secteurs ministériels visent à déterminer les allocations sectorielles pour 2027. L’avant-projet de loi de finances qui en sortira devra refléter les priorités du gouvernement tout en restant soutenable. Pour les citoyens, l’exercice est crucial : un budget sincère est la première condition pour que les dépenses publiques se traduisent en écoles, hôpitaux ou routes, et non en simples lignes comptables.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
