La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a clarifié, ce jeudi 30 juillet, les circonstances du retour en RDC de trente-neuf personnes précédemment rapatriées au Rwanda. Dans un communiqué, la Mission onusienne affirme n’avoir participé à aucune étape de ce transfert, mené par les autorités rwandaises le mercredi 29 juillet.
Un transfert sans implication de la MONUSCO
Selon la MONUSCO, elle n’était pas présente lors du renvoi de ces trente-neuf individus vers le territoire congolais. La Mission souligne qu’elle n’est impliquée à aucun titre dans cette opération, qui relève exclusivement des autorités rwandaises. Cette mise au point intervient alors que ces personnes avaient auparavant été rapatriées au Rwanda dans le cadre du programme de Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réintégration et Réinstallation (DDRRR) de la MONUSCO. La Mission onusienne n’a fourni aucun détail sur l’identité ou le statut de ces personnes, ni sur les raisons de leur retour.
Le cadre rigoureux du programme DDRRR
La MONUSCO rappelle que son programme DDRRR s’inscrit dans le mandat confié par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Il vise à accompagner le désarmement volontaire, la réinstallation et le rapatriement des combattants étrangers présents en RDC, ainsi que de leurs personnes à charge. Chaque rapatriement vers le Rwanda fait l’objet d’un processus de vérification en plusieurs étapes, destiné à évaluer l’éligibilité des personnes concernées avant leur inscription sur une liste de rapatriement. Cette liste est ensuite transmise à la Commission rwandaise de démobilisation et de réintégration (RDRC), qui procède à l’examen et à l’approbation finale avant le départ de RDC. La Mission insiste sur le caractère volontaire de la démarche et sur la rigueur de cette procédure, qui implique une coordination étroite avec les autorités rwandaises.
Un contexte sécuritaire sensible
Cette clarification survient dans un climat sécuritaire tendu entre le Rwanda et la RDC, où les questions liées aux rebelles rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et aux mécanismes de leur désarmement restent un enjeu majeur pour la stabilité régionale. Le 28 juillet, le gouvernement congolais a annoncé avoir obtenu des FDLR la signature d’un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement, dans le cadre des engagements pris en vertu de l’accord de paix signé avec le Rwanda il y a un an à Washington. Ce développement récent souligne la complexité des dynamiques de rapatriement et de réintégration, alors que la présence des FDLR sur le sol congolais continue d’alimenter les tensions bilatérales.
Face aux interrogations suscitées par ce retour inattendu, la MONUSCO réaffirme son engagement à garantir l’indépendance, l’intégrité et la transparence du programme DDRRR. La Mission assure qu’elle poursuivra sa collaboration avec l’ensemble des parties prenantes pour mettre en œuvre efficacement son mandat relatif au désarmement et au rapatriement des combattants étrangers. Elle n’a toutefois pas précisé si ce renvoi était lié à un refus d’approbation par la RDRC ou à d’autres motifs, laissant planer des incertitudes sur les suites de ce dossier.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
