La reprise progressive des activités humanitaires dans la zone de santé de Nyakunde, en Ituri, marque un tournant décisif pour la riposte contre la maladie à virus Ebola. Après une suspension temporaire due à l’insécurité, le retour des équipes sur le terrain permet de rétablir des services essentiels pour les communautés touchées. Cette évolution est saluée par la société civile, qui y voit une condition indispensable pour freiner la progression de l’épidémie.
Un retour motivé par l’urgence sanitaire
Les partenaires humanitaires avaient interrompu leurs opérations à la suite du meurtre d’un leader du groupe armé Front patriotique et intégrationniste de l’Ituri (FPIC), survenu le 15 juillet dernier. Cet événement avait créé un climat de tension rendant impossible le maintien des activités de surveillance et de prise en charge. Aujourd’hui, leur redéploiement progressif répond à une nécessité absolue : la zone de santé de Nyakunde est l’un des foyers actifs de la 17ᵉ épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
Pour Dieudonné Lossa, président de la coordination provinciale de la Société civile Forces vives de l’Ituri, la priorité doit être donnée à la lutte contre le virus. Il a exprimé sa gratitude envers les acteurs qui ont accepté de revenir, soulignant que « notre véritable ennemi, c’est Ebola ». Cette déclaration rappelle que, malgré les défis sécuritaires, la menace sanitaire reste la plus immédiate pour les populations.
Une épidémie qui continue de s’étendre
Les données du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) confirment une progression inquiétante de l’épidémie dans plusieurs zones de santé de l’Ituri. Des décès et des malades pris en charge dans les centres de traitement sont régulièrement enregistrés, ce qui témoigne d’une transmission toujours active. La reprise des activités humanitaires est donc cruciale pour renforcer la surveillance épidémiologique, identifier rapidement les nouveaux cas et assurer une prise en charge précoce.
Dieudonné Lossa insiste sur la réalité de la maladie : « Ebola est une maladie bien réelle en Ituri. Nous avons déjà plusieurs décès et des malades pris en charge dans les centres de traitement. » Ces propos visent à contrer les rumeurs et la méfiance qui peuvent entraver la riposte. La société civile appelle ainsi chaque habitant à prendre au sérieux les mesures de prévention et à coopérer avec les équipes sanitaires.
La synergie, clé pour briser la chaîne de transmission
Le retour des humanitaires ne suffira pas à lui seul à stopper l’épidémie. Tous les intervenants réaffirment la nécessité d’une collaboration étroite entre les autorités, les partenaires et les communautés locales. Cette synergie est indispensable pour que les actions de sensibilisation, de vaccination et de prise en charge soient acceptées et efficaces. La société civile joue un rôle de relais essentiel pour instaurer la confiance et encourager les comportements protecteurs.
Concrètement, la reprise des opérations signifie que les centres de traitement peuvent à nouveau fonctionner normalement, que les équipes de riposte peuvent circuler pour enquêter sur les cas suspects et que les campagnes de vaccination peuvent être menées. Pour les habitants de Nyakunde, c’est l’assurance de recevoir des soins vitaux et de voir leur environnement surveillé de près. La lutte contre Ebola est une course contre la montre, et chaque jour compte pour éviter de nouvelles contaminations.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
