Plus de soixante ingénieurs, chefs de chantiers et agents du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T) dans la province du Maniema réclament le paiement de leurs arriérés de salaire, accumulés depuis octobre 2024. Réunis autour d’un mémorandum adressé le 29 juillet aux autorités congolaises et aux partenaires du projet, ils dénoncent une situation de précarité qui s’aggrave après près de 22 mois sans rémunération. Ce blocage met en lumière les fragilités de la chaîne de sous-traitance dans un programme stratégique pour les infrastructures de base en République démocratique du Congo.
Un conflit de responsabilités entre SAFRICAS et ITM
Les travailleurs affirment avoir été employés par l’entreprise SAFRICAS dans le cadre du PDL-145T. Pourtant, le représentant de SAFRICAS au Maniema, Alain Kabongo, rejette cette responsabilité. Selon lui, SAFRICAS a signé un contrat avec ITM pour le recrutement des ressources humaines. « SAFRICAS a signé un contrat avec ITM pour le recrutement des ressources humaines », a-t-il déclaré à Radio Okapi, invitant les plaignants à se tourner vers cette société. Cette divergence laisse les ingénieurs et agents dans une impasse administrative, sans interlocuteur clair pour leurs salaires.
Des ménages en détresse économique
L’absence de salaire depuis octobre 2024 a plongé de nombreuses familles dans de graves difficultés financières. Les travailleurs expliquent ne plus pouvoir subvenir aux besoins essentiels de leurs ménages. « Nous ne pouvons plus rester dans cette situation de précarité et d’incertitude », ont-ils écrit dans leur mémorandum. Cette situation illustre l’impact concret des retards de paiement sur la stabilité des foyers, dans une province où les opportunités économiques sont limitées.
Un appel au dialogue avant l’épuisement des recours
Malgré leur mécontentement, les signataires privilégient la voie du dialogue et les procédures légales. Ils sollicitent l’implication des autorités nationales, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et des entreprises intervenant dans le projet. « Nous demandons aux autorités, au PNUD qui a donné le marché à SAFRICAS, et à SAFRICAS qui nous a abandonnés chez ITM que nous ne connaissons même pas, de trouver rapidement une solution à l’amiable pour notre cause », a déclaré l’ingénieur Okitekamba Diomu Thomas, porte-parole du groupe. Toutefois, ils préviennent que leur patience atteint ses limites après près de deux années d’attente.
En attendant une réponse concrète, ces travailleurs du PDL-145T au Maniema continuent de réclamer leurs droits, considérant leur rémunération comme légitime après les services rendus. Ce blocage soulève des questions sur la gestion des contrats de sous-traitance dans les programmes de développement, et sur la protection des travailleurs qui en dépendent.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
