La décision est tombée comme un couperet, mais elle était attendue. À partir de ce jeudi 30 juillet, les véhicules gros porteurs ne pourront plus emprunter le pont Ituri 1, sur le tronçon Komanda–Mambasa de la Route nationale n°4. L’administrateur militaire du territoire d’Irumu, le colonel Siro Nsimba Bunga Jean, a signé un communiqué le 28 juillet, rendu public le lendemain, pour suspendre la circulation sur cet ouvrage menacé d’effondrement. Une mesure conservatoire, le temps que l’Office des routes engage sa réhabilitation.
Mais au-delà de l’acte administratif, c’est tout un pan de la vie économique et sécuritaire de la région qui retient son souffle. Le pont Ituri 1 n’est pas un simple passage : il est une artère vitale pour les échanges entre l’Ituri, le Nord-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele. Sa dégradation avancée faisait craindre le pire, et la suspension de la circulation des poids lourds apparaît comme un mal nécessaire pour éviter une catastrophe aux conséquences en cascade.
Un sursis pour un ouvrage stratégique en péril
L’état du pont Ituri 1 n’est plus un secret pour personne. Les acteurs locaux, qui réclamaient une intervention urgente, voient dans cette suspension une première réponse à leurs alertes répétées. La société civile, Forces vives du territoire d’Irumu, a exhorté les usagers et les services de l’État à respecter strictement la décision. L’enjeu est de taille : préserver une infrastructure dont la ruine pourrait paralyser les opérations militaires et asphyxier l’approvisionnement de plusieurs provinces.
L’Association pour la promotion des droits des enfants et des femmes vulnérables (APDEF), antenne d’Irumu, a également salué l’initiative. Son coordinateur territorial, Christophe Munyanderu, a appelé les services affectés à la barrière du village Bavonkutu à faire preuve de responsabilité pour garantir l’application effective de la mesure. Un appel qui souligne une inquiétude persistante : la décision sera-t-elle respectée sur le terrain ?
La crainte d’un effondrement aux lourdes conséquences
La suspension de la circulation des gros porteurs n’est qu’un pansement sur une plaie ouverte. Les acteurs locaux insistent sur la nécessité d’une réhabilitation urgente du pont. Ils préviennent qu’une détérioration plus importante pourrait avoir de lourdes conséquences sur les opérations militaires, les échanges commerciaux et l’approvisionnement de plusieurs provinces. Le spectre d’un isolement économique plane, dans une région déjà éprouvée par l’insécurité.
Pour l’heure, la mesure du colonel Siro Nsimba Bunga Jean offre un répit. Mais elle met aussi en lumière la fragilité des infrastructures routières dans cette partie de la République démocratique du Congo. La population, qui dépend de cet axe pour ses biens de première nécessité, observe avec une attention mêlée d’espoir et de scepticisme. La balle est désormais dans le camp de l’Office des routes, dont la réactivité sera scrutée de près.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: actu30.cd
