74e minute, stade de la Kenya à Lubumbashi. Mabele Bawaka adresse un centre tendu. Dans la surface, le défenseur nigérian Victor Ezuruike, sous la pression de Narcisse Ekanaga, dévie le ballon dans ses propres filets. Le but contre son camp libère tout un peuple. Le TP Mazembe tient sa troisième étoile africaine.
Un scénario irrespirable jusqu’au bout
Le 7 novembre 2009, les Corbeaux reçoivent Heartland FC en finale retour de la Ligue des champions CAF. Battus 2-1 à l’aller au Nigeria, ils peuvent compter sur le but à l’extérieur signé Trésor Mputu. Mais face à une défense nigériane hermétique, chaque minute qui passe alourdit l’angoisse. À la pause, le tableau d’affichage reste vierge. Le suspense est total. Les coéquipiers de Pamphile Mihayo savent qu’un seul but peut tout renverser, mais les Nigérians résistent avec une discipline de fer. L’enceinte, pleine à craquer, retient son souffle. Les supporters, acquis à la cause des locaux, poussent derrière chaque offensive, mais le verrou ne cède pas. Le temps s’étire, et la tension monte d’un cran à chaque minute écoulée.
La délivrance sur un geste malheureux
Au retour des vestiaires, les hommes de Diego Garzitto poussent. Mputu, très mobile, multiplie les décrochages. La pression devient étouffante. Jusqu’à ce centre de Bawaka et cette maladresse d’Ezuruike. Le stade explose. Ce but, aussi chanceux soit-il, récompense l’abnégation d’une équipe qui n’a jamais cessé d’y croire. Les minutes qui suivent sont interminables. Heartland tente de réagir, mais Mazembe tient bon. Chaque dégagement, chaque tacle est célébré comme un but. Le coup de sifflet final déclenche une marée humaine sur la pelouse. Les joueurs, épuisés, tombent dans les bras les uns des autres. La troisième étoile est enfin cousue sur le maillot.
Joseph Kabila, témoin privilégié d’un triomphe national
Dans les tribunes, un invité de marque : le président Joseph Kabila. Entouré de ministres et de députés, il vit la rencontre avec la même fébrilité que les milliers de supporters. À l’image de tout un pays, son visage passe du stress à l’explosion de joie au coup de sifflet final. Ce sacre dépasse le cadre sportif. La présence du chef de l’État souligne l’importance de ce rendez-vous historique. Plusieurs hommes d’affaires ont également fait le déplacement. Tous partagent cette attente insoutenable, puis cette délivrance collective. Le football, ce jour-là, unit toutes les couches de la société congolaise dans une même ferveur.
Une soirée qui résonne encore 17 ans après
La liesse gagne Lubumbashi, puis toutes les provinces. Le TP Mazembe renoue avec le toit de l’Afrique après des années d’attente. Ce troisième trophée continental, conquis à domicile, reste un marqueur indélébile. Aujourd’hui encore, les souvenirs de cette nuit du 7 novembre 2009 nourrissent la nostalgie des amoureux du football congolais. Des scènes de joie spontanée éclatent dans plusieurs villes. Pour tout un peuple passionné, ce titre est une revanche sur les années de disette. Les images de Mputu soulevant le trophée, de Mihayo en larmes, du stade en fusion, continuent de hanter les mémoires. Dix-sept ans plus tard, l’émotion est intacte, comme si c’était hier.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: footrdc.com
