L’aéroport national de Tshimpi, principale porte d’entrée aérienne de Matadi, est à l’arrêt depuis plusieurs années. Cette infrastructure, inaugurée en 1955, est aujourd’hui à l’abandon, contrastant avec le rôle économique stratégique de la ville, chef-lieu du Kongo-Central et siège du principal port maritime de la République démocratique du Congo. L’absence de desserte aérienne fonctionnelle pèse directement sur les échanges et la mobilité des acteurs économiques, dans une province qui joue un rôle clé pour le commerce national.
Une route d’accès dégradée qui isole l’aéroport
À peine quitté la Route nationale n°1, un épais nuage de poussière accompagne les véhicules qui empruntent la voie menant à l’aéroport. Sur près de 4 kilomètres, la route en terre est marquée par des nids-de-poule et de nombreux signes de dégradation. Cette situation rend l’accès difficile et dissuade toute reprise d’activité aérienne, faute de conditions logistiques minimales pour les passagers et le fret. Pour les opérateurs économiques, l’état de cette route signifie des coûts supplémentaires et des retards, ce qui réduit l’attractivité de la région pour les investissements nécessitant des liaisons rapides.
Une piste en latérite, jamais asphaltée depuis 1955
La piste de l’aéroport, longue de 1 570 mètres, n’a jamais été asphaltée. Elle est toujours revêtue de latérite, une terre rouge compactée. Construit entre 1952 et 1954, l’aéroport a été inauguré avec l’atterrissage d’un avion Douglas DC-4 transportant le roi Baudouin de Belgique. Pendant des décennies, il a joué un rôle stratégique dans les liaisons aériennes entre le Kongo-Central et le reste du pays, contribuant au désenclavement de la province et au développement des échanges. Aujourd’hui, l’absence de revêtement moderne limite les types d’appareils pouvant atterrir et augmente les risques d’usure pour les avions, ce qui décourage les compagnies aériennes de programmer des vols réguliers.
Des promesses de modernisation sans suite
Malgré les multiples annonces, projets et promesses de réhabilitation formulés au fil des années, les changements concrets se font toujours attendre. L’absence de modernisation de cette infrastructure abandonnée pèse sur l’économie locale. Pour une ville comme Matadi, dont le port est vital pour le commerce national, l’absence de desserte aérienne fonctionnelle limite les opportunités d’affaires, complique les déplacements des opérateurs économiques et freine l’intégration de la province aux circuits d’échanges rapides. Les délais de transport s’allongent, ce qui affecte la compétitivité des entreprises locales et leur capacité à répondre rapidement aux demandes du marché.
L’aéroport national de Tshimpi reste ainsi loin des standards attendus pour une ville d’une telle importance économique et stratégique. La dégradation de la route d’accès et l’état de la piste illustrent un déficit d’investissement qui, en l’absence de travaux, continuera de peser sur le potentiel de développement du Kongo-Central. Sans une remise à niveau de cette infrastructure, la province risque de voir son rôle économique s’éroder, alors même que son port maritime continue de capter une part essentielle des flux commerciaux du pays.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
