Dix écoles ont été réduites en cendres en l’espace d’un mois dans le territoire de Nyunzu, province du Tanganyika. Ces incendies, d’une ampleur inédite, soulèvent des interrogations sur leurs causes réelles et leurs conséquences pour la communauté. Alors que les autorités éducatives pointent du doigt la délinquance juvénile, d’autres voix évoquent une frustration liée au retard d’inauguration des infrastructures scolaires neuves, pourtant achevées depuis des mois.
Un bilan matériel lourd pour le système éducatif local
Les dégâts sont considérables : plusieurs bâtiments scolaires, avec leurs charpentes et toitures, ont été entièrement détruits par les flammes. Le chef de la sous-division de l’Éducation nationale de Nyunzu, Mwamba Salumu, a fermement condamné ces actes, qu’il qualifie d’ignobles. Il attribue ces incendies à des jeunes délinquants, soulignant le caractère sans précédent de cette situation dans le territoire. Selon lui, l’ivresse et la consommation de chanvre seraient à l’origine de ces passages à l’acte. Ces destructions représentent un coup dur pour une région où l’accès à l’éducation est déjà fragile. Chaque salle de classe perdue signifie des centaines d’élèves privés de leur lieu d’apprentissage, avec des répercussions directes sur leur parcours scolaire et, à terme, sur le développement économique local.
La colère communautaire, un facteur sous-jacent
Pourtant, d’autres sources indiquent que ces incendies pourraient être l’expression d’une frustration plus profonde. La communauté s’impatiente face au retard dans l’inauguration des écoles construites dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T). Ces bâtiments, achevés depuis plusieurs mois, restent inutilisés, ce qui alimente un sentiment d’injustice et de colère. Cette situation met en lumière un décalage entre les promesses de développement et leur concrétisation sur le terrain. Pour les familles, voir des infrastructures neuves fermées alors que les anciennes brûlent est un paradoxe difficile à accepter. Cela crée un climat de défiance envers les autorités et peut pousser certains à des actes de désespoir, même si le lien direct avec les incendies reste à établir.
Un appel à l’action pour éviter l’aggravation de la crise
Face à cette double problématique, le Sous-PROVED a demandé aux autorités de procéder rapidement à l’inauguration des écoles neuves. Mwamba Salumu, quant à lui, lance un appel aux personnes de bonne volonté et aux partenaires pour contribuer à la réhabilitation des écoles incendiées. L’urgence est double : répondre aux besoins immédiats de scolarisation et apaiser les tensions communautaires. Sans une action rapide, le risque est de voir le cercle vicieux de la frustration et de la délinquance s’aggraver, avec des conséquences durables sur l’éducation et la cohésion sociale dans le territoire de Nyunzu. La remise en état des bâtiments détruits nécessitera des ressources financières et matérielles importantes, alors que les capacités locales sont limitées. L’inauguration des écoles du PDL-145T pourrait, en partie, compenser les pertes et redonner espoir à la population, mais elle ne résoudra pas le problème de fond si les causes de la colère ne sont pas traitées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
