Les activités socioéconomiques ont été fortement perturbées ce mardi 28 juillet à Goma, au Nord-Kivu, où une marche présentée comme pacifique a paralysé plusieurs secteurs entre 7 heures et 11 heures locales. Organisée par la plateforme Société civile plurielle et Forces vives du Nord-Kivu, la mobilisation a entraîné la fermeture de nombreux commerces et marchés, tandis que le transport en commun était largement affecté. La circulation des véhicules privés a également connu d’importantes perturbations, selon des témoignages recueillis sur place.
Une matinée de paralysie économique à Goma
D’après plusieurs habitants interrogés par Radio Okapi, certaines personnes tentant de rejoindre leur lieu de travail ont été stoppées aux abords du stade de l’Unité. Des véhicules, privés comme de transport en commun, ont été immobilisés jusqu’à la fin de la manifestation. L’appel à la mobilisation avait été relayé la veille par les autorités de différents quartiers, qui ont indiqué que cette initiative s’inscrivait dans le cadre d’une décision prise par les autorités de fait de l’AFC/M23 dans les zones sous leur contrôle. Cette paralysie a touché de nombreux secteurs, empêchant les habitants de mener leurs activités quotidiennes et professionnelles, ce qui a suscité des frustrations parmi la population.
Un mémorandum remis à la MONUSCO
La marche a pris fin au quartier général de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), où les organisateurs ont remis un mémorandum aux représentants de la mission onusienne. Si les initiateurs ont présenté l’événement comme une manifestation pacifique, certains habitants ont exprimé leur mécontentement, estimant que la mobilisation revêtait un caractère contraignant. Plusieurs d’entre eux ont indiqué avoir été empêchés de poursuivre normalement leurs activités professionnelles durant toute la matinée. Ce sentiment de contrainte a été renforcé par le fait que l’appel à la mobilisation avait été largement diffusé par les autorités locales, laissant peu de choix aux citoyens.
Des revendications en faveur des responsables de l’AFC/M23
Selon le contenu de la déclaration remise à la MONUSCO, les manifestants entendaient notamment dénoncer les sanctions prises contre certains dirigeants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23. Ils ont également exprimé leur opposition au projet de réforme de la Constitution de la République démocratique du Congo, parmi d’autres revendications. Le 14 juillet dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies a élargi sa liste de sanctions en y ajoutant Corneille Nangaa, coordonnateur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), ainsi que cinq autres responsables de groupes armés, dont un cadre du M23. Cette décision onusienne semble avoir motivé en partie la mobilisation, les organisateurs cherchant à faire pression pour obtenir une levée de ces mesures restrictives.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
