Un incendie d’une violence rare a ravagé l’avenue Kisangula, dans le quartier Chahi à Bukavu, dimanche 26 juillet en fin d’après-midi. Plus de cent ménages se retrouvent sans abri, leurs habitations réduites en cendres. Au-delà du drame humain, ce sinistre met en lumière les fragilités de la réponse d’urgence et les comportements prédateurs qui aggravent la détresse des victimes.
Un départ de feu aux conséquences dramatiques
Selon les informations recueillies sur place, le feu serait parti d’un réchaud laissé sans surveillance pendant la cuisson d’aliments. Des enfants, absorbés par des vidéos sur le réseau social TikTok, n’auraient pas remarqué la propagation des premières flammes. Ce simple moment d’inattention a suffi pour transformer une habitation en brasier, puis tout un pan du quartier en champ de ruines. La société civile locale confirme l’ampleur du désastre : plus de cent familles sont aujourd’hui sans toit, exposées aux intempéries et à une précarité immédiate.
Des secours entravés par la violence
L’intervention des pompiers, arrivés tardivement sur les lieux, a été marquée par des incidents. Le président de la société civile de Chahi, Shukuru Lwekyya, déplore que des jeunes du quartier s’en soient pris aux équipes de secours. Ces violences, dont les raisons précises restent à éclaircir, ont sans doute ralenti une intervention déjà critique. Elles interrogent sur la relation entre les services d’urgence et la population, et sur la capacité des autorités à garantir la sécurité des opérations de sauvetage dans les quartiers densément peuplés de Bukavu.
Quand la détresse attire les profiteurs
Shukuru Lwekyya a également pointé un phénomène aussi choquant que révélateur : la présence d’individus venus sur les lieux avec des balances pour acheter à bas prix des ferrailles et objets récupérés par les sinistrés. « Nous condamnons également les personnes qui se rendent sur le lieu de l’incendie avec des balances pour acheter des mabendes, ferrailles ou objets récupérés auprès des victimes. Ce comportement est inhumain, porte atteinte à la dignité des familles sinistrées et aggrave leur souffrance au lieu de leur apporter assistance et solidarité », a-t-il déclaré. Ces pratiques, qui transforment le malheur en opportunité commerciale, soulèvent une question de fond : comment protéger les plus vulnérables dans les heures qui suivent une catastrophe ?
Un appel à la solidarité face à l’urgence
Face à l’ampleur des besoins, la société civile lance un appel pressant. « Nous lançons aussi un appel à toutes les personnes de bonne volonté, aux autorités, aux organisations humanitaires ainsi qu’aux partenaires, afin de venir en aide aux familles sinistrées qui passent actuellement leurs nuits à la belle étoile et ont besoin d’une assistance urgente », a insisté Shukuru Lwekyya. Vivres, abris, couvertures, kits d’hygiène : tout est urgent pour ces familles qui ont tout perdu. La réponse des autorités provinciales et des acteurs humanitaires sera scrutée dans les prochains jours. Au-delà de l’aide immédiate, cet incendie rappelle la nécessité de renforcer la prévention des risques domestiques et d’améliorer la coordination des secours dans une ville où les constructions précaires et la densité de population rendent chaque sinistre potentiellement dévastateur.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
