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Pollution pétrolière à Moanda : les risques sanitaires documentés par Human Rights Watch

Une enquête de Human Rights Watch (HRW) met en lumière les risques sanitaires liés aux activités de la compagnie pétrolière Perenco dans la concession de Moanda, au Kongo-Central. L’ONG a documenté plusieurs sources de pollution qui affectent directement les populations riveraines, en s’appuyant sur des images satellitaires et des preuves visuelles collectées sur place. Ces éléments révèlent une contamination de l’air, des sols et des eaux, avec des conséquences déjà visibles sur la santé des habitants.

Des sources multiples de contamination

Selon Agathe Sarfati, chercheuse principale à la division Environnement de HRW, les investigations révèlent une pollution de l’air, des sols et des eaux. L’air est notamment dégradé par le brûlage du gaz, parfois pratiqué à seulement 80 mètres des habitations. Cette proximité expose directement les résidents aux fumées toxiques. L’ONG a également recueilli des photos et vidéos montrant que l’entreprise brûle ses déchets à ciel ouvert, une pratique particulièrement dangereuse pour la santé. En effet, la combustion à l’air libre libère des substances nocives qui peuvent être inhalées par les populations voisines. Enfin, le manque de maintenance des installations entraîne des fuites récurrentes de pétrole, qui contaminent les sols et les sources d’eau. Ces déversements répétés polluent les ressources naturelles dont dépendent les communautés pour boire, cuisiner et cultiver.

Des symptômes préoccupants chez les riverains

Les résidents et les médecins interrogés par HRW font état de symptômes tels que vomissements, maux de tête et vertiges. Ces troubles, souvent immédiats, sont des indicateurs d’une exposition à des polluants atmosphériques ou à des contaminants présents dans l’eau. L’ONG alerte aussi sur le risque de maladies chroniques liées à l’exposition aux métaux lourds. Ces substances, qui peuvent s’accumuler dans l’organisme sur le long terme, sont susceptibles de provoquer des affections graves comme des troubles neurologiques ou des cancers. Cependant, HRW ne peut pas évaluer précisément ce risque, car Perenco refuse de divulguer ses données environnementales. Cette opacité empêche une évaluation complète des dangers pour la santé publique et prive les autorités sanitaires d’informations cruciales pour protéger les populations.

Un audit environnemental toujours en attente

Le Gouvernement congolais avait commandé un audit environnemental il y a plus d’un an et demi, mais ses résultats ne sont toujours pas publiés. Ce retard prive les communautés et les autorités locales d’éléments essentiels pour mesurer l’ampleur de la pollution et prendre des mesures correctives. Sans ces données, il est difficile de déterminer l’étendue exacte de la contamination et d’engager des actions de dépollution ou de suivi médical. Contactée par Radio Okapi, la société Perenco a promis de réagir dans les prochains jours, sans donner plus de détails. En attendant, les habitants de Moanda restent exposés à des risques sanitaires dont l’ampleur réelle demeure inconnue.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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