Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a annoncé le lancement, avant la fin de l’année, de la modernisation de douze nouveaux aéroports en République démocratique du Congo. Ce programme, piloté par le ministre des Transports, Jean-Pierre Bemba, sur instruction du président Félix Tshisekedi, sera entièrement financé par le Gouvernement central. Cette annonce, faite le dimanche 26 juillet sur le compte X du ministre, marque une nouvelle étape dans la stratégie de désenclavement du pays et de relance économique par les infrastructures.
Pour les populations locales, ces travaux pourraient transformer la mobilité et l’accès aux services essentiels. En RDC, où les distances sont immenses et les routes souvent impraticables, un aéroport moderne devient un levier direct pour le commerce, l’aide humanitaire et les évacuations sanitaires. Le ministre a précisé que le processus de passation des marchés est en cours de finalisation, ce qui laisse entrevoir un démarrage concret des chantiers dans les prochains mois.
Un financement public intégral pour douze aéroports
Contrairement à certains projets qui dépendent de partenariats extérieurs, ce programme repose uniquement sur les ressources propres de l’État. Doudou Fwamba Likunde a insisté sur ce point : « La modernisation de pas moins de douze nouveaux aéroports sera lancée avant la fin de l’année par le ministre Jean-Pierre Bemba, sur instruction du Président de la République, toujours sur financement du Gouvernement central. » Cette approche vise à garantir une maîtrise totale des délais et des priorités nationales, sans conditionnalités externes.
Le choix d’un financement intégralement public soulève néanmoins des questions sur la soutenabilité budgétaire. Le gouvernement devra mobiliser des fonds importants tout en poursuivant d’autres chantiers en cours. Pour les usagers, cela pourrait se traduire par une amélioration rapide des infrastructures sans hausse immédiate des redevances aéroportuaires, du moins à court terme.
Bunia, un modèle de modernisation en cours
L’exemple de l’aéroport de Bunia illustre ce que ces investissements peuvent apporter concrètement. Financé sur ressources propres depuis 2024, ce projet a déjà permis de réaliser une piste de 2 500 mètres, une nouvelle tour de contrôle et une aérogare moderne. D’autres aménagements sont prévus : allongement de la piste de 300 à 500 mètres supplémentaires, construction d’accotements, d’infrastructures extérieures et de parkings.
Ces améliorations ne sont pas que techniques. Une piste plus longue permet d’accueillir des avions de plus grande capacité, réduisant ainsi le coût du fret et des billets pour les passagers. Pour une ville comme Bunia, située dans une province minière et agricole, cela facilite l’écoulement des produits locaux vers les grands centres urbains et l’étranger.
Un réseau aéroportuaire en pleine transformation
Au-delà des douze nouveaux sites, les travaux se poursuivent dans plusieurs aéroports stratégiques. Le ministre a cité Lubumbashi, Kananga, Kinshasa, Mbuji-Mayi et Beni. Ces infrastructures, une fois modernisées, pourraient désengorger les hubs existants et mieux répartir le trafic aérien sur le territoire national.
Pour les opérateurs économiques, un réseau aéroportuaire fiable réduit les pertes post-récolte, accélère les livraisons et attire les investisseurs. Les petites entreprises de transport et de logistique pourraient également bénéficier de nouvelles opportunités autour de ces plateformes rénovées. Reste à voir si les délais annoncés seront tenus et si les budgets alloués suffiront à couvrir l’ensemble des besoins techniques.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
