La zone de santé d’Aru, dans la province de l’Ituri, vient de recevoir un appui logistique significatif de la part du gouvernement ougandais. Cinq ambulances, 50 lits, 50 matelas et divers équipements médicaux ont été remis le vendredi 24 juillet, dans le cadre de la coopération sanitaire entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda. Ce matériel est destiné à renforcer la riposte contre la maladie à virus Ebola, qui continue de menacer cette région frontalière.
Concrètement, ces moyens visent à améliorer la prise en charge des malades et à accélérer l’évacuation des cas suspects vers le centre de traitement d’Aru. Jusqu’à présent, les structures sanitaires locales peinaient à transporter rapidement les patients, ce qui augmentait le risque de propagation du virus. Selon des sources médicales, cette lenteur dans les évacuations constituait un facteur de vulnérabilité important pour le territoire.
Un appui logistique pour réduire les délais d’évacuation
Les ambulances fournies par l’Ouganda devraient permettre de réduire le temps de transfert des malades depuis les zones de santé voisines. Ariwara, Adja, Aungba et Adi, situées à près de 90 kilomètres d’Aru, bénéficieront également de ces équipements. Le médecin-chef de la zone de santé d’Aru estime que cet appui logistique contribuera à renforcer la riposte ainsi que les mesures de prévention contre Ebola.
La forte mobilité des populations dans la région, notamment en provenance de Mongwalu et de Bunia, deux zones touchées par l’épidémie, accroît le risque d’apparition de nouveaux cas. Disposer de moyens de transport adaptés permet donc d’isoler plus rapidement les personnes suspectes et de limiter les contacts avec la communauté.
Des défis persistants malgré le renforcement des capacités
Malgré cette dotation, plusieurs obstacles continuent de freiner la lutte contre l’épidémie. Les équipes de riposte sont confrontées à la résistance de certains habitants au respect des mesures de prévention. Cette réticence complique le travail de sensibilisation et de suivi des contacts, pourtant essentiel pour briser les chaînes de transmission.
Par ailleurs, le manque de laboratoires mobiles dans plusieurs zones de santé reste une contrainte majeure. Sans ces structures, le diagnostic rapide des cas suspects est retardé, ce qui allonge le délai avant la mise en œuvre des mesures de contrôle. Ces difficultés logistiques et humaines rappellent que la riposte ne repose pas uniquement sur des équipements, mais aussi sur l’adhésion de la population et la disponibilité d’outils de diagnostic.
Une coopération transfrontalière essentielle
Ce don de l’Ouganda illustre l’importance de la collaboration entre les deux pays face à une menace sanitaire qui ne connaît pas de frontières. La zone d’Aru, de par sa position géographique, est particulièrement exposée aux flux de personnes venant des foyers épidémiques voisins. Renforcer les capacités locales, c’est aussi protéger les régions limitrophes.
Pour les habitants, l’arrivée de ces ambulances et de ces lits représente un espoir concret d’une meilleure prise en charge. Mais les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de maintenir les gestes barrières et de signaler rapidement tout cas suspect. La vigilance reste de mise, car l’épidémie continue de circuler dans certaines parties de l’Ituri.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
