Les structures sanitaires privées des zones de santé de Butembo, Musienene et Katwa, dans la province du Nord-Kivu, sont sous pression. Face à la recrudescence des décès communautaires liés à l’épidémie d’Ebola, les autorités sanitaires exigent le respect strict des normes en vigueur. L’enjeu est de taille : près de 275 cas confirmés et 172 décès ont déjà été enregistrés. Pour endiguer la propagation, chaque établissement de soins doit adopter des mesures concrètes, sous peine de sanctions.
Une épidémie qui progresse dans les communautés
La maladie à virus Ebola continue de circuler activement dans la région. Les chiffres communiqués par les autorités sanitaires font état de près de 275 cas confirmés et de 172 décès. Ces données traduisent une transmission persistante, souvent favorisée par des retards dans la détection des malades. Les décès survenant en dehors des structures de santé, dits « décès communautaires », représentent un risque majeur : chaque corps non pris en charge peut contaminer l’entourage. C’est pourquoi la riposte insiste sur la rapidité des alertes et la collaboration de tous les acteurs de santé.
Des consignes claires pour les formations sanitaires
Prisca Luanda Kamala, coordonnatrice principale en charge de la santé dans la province, a détaillé les attentes lors d’une rencontre avec les responsables des structures privées. Elle a insisté sur trois points essentiels. D’abord, la remontée immédiate des alertes dès qu’un cas suspect est identifié. Ensuite, une collaboration étroite avec les équipes de riposte déployées sur le terrain, en facilitant leur travail au sein des formations sanitaires. Enfin, elle a mis en garde contre la rétention des patients présentant des signes d’Ebola : « en les gardant, il y a un risque qu’ils contaminent les autres malades, les prestataires, les membres de leurs familles et leurs proches ».
Enterrements dignes et sécurisés : une obligation
Au-delà de la prise en charge des vivants, la gestion des décès est cruciale. La coordonnatrice a rappelé l’obligation, après chaque décès, d’alerter l’équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés. Cette procédure vise à limiter la transmission du virus lors des rites funéraires, un moment à haut risque. Les structures sanitaires doivent donc intégrer ce maillon dans leur chaîne d’alerte, sans quoi elles exposent les familles et les communautés à une contamination supplémentaire.
Des sanctions pour non-respect des normes
Le message est ferme : la conformité aux normes et directives régissant le secteur de la santé n’est pas négociable. Prisca Luanda Kamala a prévenu que tout manquement exposerait les formations sanitaires à des sanctions. Cette mesure vise à responsabiliser les acteurs privés, parfois moins intégrés dans le dispositif de riposte. En pratique, cela signifie que chaque structure doit revoir ses protocoles d’hygiène, de triage des patients et de notification des cas suspects. L’objectif est de créer un maillage sanitaire réactif, capable de détecter et d’isoler rapidement les malades, tout en protégeant le personnel soignant et les autres patients.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
